quinze ans de réclusion pour le meurtre d’un lycéen harcelé

Clément Brisse, un adolescent de 16 ans harcelé, avait été retrouvé mort dans une mare près de son lycée en 2017.

La cour d’assises des mineurs de la Somme a condamné vendredi un jeune homme à 15 ans de réclusion pour le meurtre de Clément Brisse, un adolescent de 16 ans retrouvé mort dans une mare près de son lycée en 2017. «Cela ne fera jamais revenir Clément et la douleur de la famille est toujours là», a réagi auprès de l’AFP Guillaume Demarcq, avocat de la famille du lycéen. «Oui, j’avais des couteaux, oui, j’étais un voleur, mais je ne suis pas un meurtrier», avait clamé l’accusé, âgé de 17 ans au moment des faits -qu’il a toujours niés- avant que les jurés ne partent délibérer. «Le doute doit lui profiter», avait plaidé son avocate, Houria Zanovello.

L’avocat général avait requis 20 ans de réclusion, demandant aux jurés d’écarter l’excuse de minorité, face aux «nombres incalculable de mensonges» de l’accusé, Jérémy D., un ancien camarade de la victime. «Ça ne peut pas être quelqu’un d’autre, il n’y a pas de doute possible, c’est lui et seulement lui qui a tué Clément. La seule chose que l’on ne saura jamais, c’est pourquoi», a plaidé Me Demarcq. Il avait estimé accablantes les preuves à l’encontre de Jérémy D., comme les traces de sang de la victime retrouvées sur ses baskets ou des aveux circonstanciés à des codétenus.

L’hypothèse du suicide pas complètement écartée

Plusieurs anciens camarades de Clément Brisse ont raconté lors du procès les brimades dont il a été victime: cheveux rasés, biscuits remplis de dentifrice, surnom humiliant ou encore vêtements à la poubelle. Quelques jours avant sa mort, l’adolescent avait publié un message sur Facebook: «Je me sens perdu dans ce monde (…) ça ne me donne plus envie de continuer ma vie».

Selon l’autopsie, sa gorge a été tranchée sur 13 cm, avant qu’il ne bascule dans une mare de Ham (Somme), à quelques centaines de mètres du lycée Peltier où il était en seconde, en internat. Les légistes n’ont pas pu totalement écarter la thèse du suicide. Un autre ancien élève est lui aussi jugé, pour faux témoignage. Il avait fini par avouer aux gendarmes que Jérémy D. l’avait emmené voir le corps de la victime plusieurs heures avant sa découverte. Il a été condamné à deux ans de prison avec sursis.

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