«Président en retrait», «Lettre d’excuses»… Les oppositions raillent l’entrée de Macron dans la bataille

À presque un mois du premier tour, le président de la République vient d’annoncer son intention de briguer un nouveau mandat auprès des Français.

Si sa candidature était frénétiquement attendue par les prétendants déjà présents sur la ligne de départ, c’était sans doute pour mieux l’éreinter une fois qu’elle aurait été officialisée. Dans une «Lettre aux Français» publiée jeudi soir dans l’ensemble des titres de la presse quotidienne régionale (PQR), Emmanuel Macron est enfin sorti du bois. S’adressant à ses compatriotes, le chef de l’État les «sollicite pour un nouveau mandat de Président de la République.»

À découvrir

Voir 4 autres contenus

Face à ce non-suspense qui prend fin, les candidats à l’élection présidentielle ont finalement déminé l’évènement pour mieux porter les coups contre le bilan d’Emmanuel Macron. Façon aussi de le faire descendre dans la bataille et tenter de le décrocher de sa position de favori dans les sondages. À commencer par Valérie Pécresse qui a dégainé la première, quelques minutes après la publication de la missive du chef de l’État. Dans une déclaration très scolaire, la leader LR a considéré qu’«il est temps d’ouvrir les yeux.» Et de tancer «(un) quinquennat (qui) fut celui des illusions perdues» et un «pouvoir (qui) ne doit plus se croire au-dessus du peuple.» Pour la porte-drapeau de la droite, «Emmanuel Macron doit rendre des comptes.»

«Il aurait très bien pu le faire lors d’une réunion publique», raille Le Pen

Invitée de France 2, la prétendante RN Marine Le Pen n’a pas non plus hésité à égratigner son principal adversaire. «Il pouvait difficilement faire autrement, c’était la date limite pour annoncer sa candidature. C’est une demi-surprise. Je pense que le choix qu’il de le faire dans la PQR, c’est qu’il entend rester en retrait de cette élection présidentielle, de cette campagne en tout cas», tance celle qui se présente pour la troisième fois. Selon l’ancienne patronne du parti à la flamme, «il aurait très bien pu le faire lors d’une réunion publique ou d’une émission de télévision.» Reprenant sa dernière opération de communication, la députée du Nord espère que «les cinq prochaines années se feront sans lui et avec (elle)».

Quelques heures auparavant, son principal concurrent Éric Zemmour avait publié une vidéo, brocardant le bilan du président sortant. «Emmanuel Macron, vous avez accéléré le déclassement des Français. Vous laissez le pays dans un état jamais connu de son histoire. (…) Vous avez appauvri les Français, bradé notre industrie et méprisé nos travailleurs.» Pour le patron de Reconquête, le chef de l’État «n’a pas été à la hauteur de (son) rôle pour protéger les Français.»

À gauche, du côté de LFI, son chef de file Jean-Luc Mélenchon n’a pas encore réagi. Sur BFMTV, son directeur de campagne Manuel Bompard a ironisé sur le fait «qu’on aurait pu s’attendre d’abord à une lettre d’excuses pour le bilan qui a été celui du président.» «La décision d’Emmanuel Macron n’est pas une surprise, j’espère qu’elle permettra de débattre projet contre projet, de confronter les différentes visions qui s’affrontent», a-t-il expliqué.

«Cela fait des mois que le président Macron est au service du candidat Macron. Le débat démocratique que je demande, projet contre projet, va enfin pouvoir se tenir», s’est, pour sa part, félicité la socialiste Anne Hidalgo, dans un communiqué. Pour celle qui oscille autour de 3% dans les sondages, «la droite version Macron ou version Pécresse», c’est «l’illusion qu’en faisant prospérer ceux qui ont déjà tout, cela ruisselle sur tous les autres alors qu’à chaque fois c’est l’inverse qui se produit.»

Son homologue communiste, Fabien Roussel, n’a pas hésité à faire le parallèle entre le bilan du président sur le pouvoir d’achat et la déclaration de candidature de jeudi soir : «Au bout de 5 ans, Macron envoie une lettre aux Français. Mais les factures qui flambent, c’est tous les mois. Les salaires et les retraites qui stagnent, pareil. Tourner la page, permettre aux Français de renouer avec les jours heureux, c’est mon ambition.»

Sans grande surprise, la candidature du président de la République est soutenue par sa majorité. «Depuis 2017, Emmanuel Macron trace un chemin de progrès pour le pays. Mobilisons-nous pour cinq années de plus au service des Français», a lancé le patron des députés LREM Christophe Castaner. «Une adresse directe aux Français, d’Emmanuel Macron, avec gravité, humilité, lucidité et de l’ambition pour le pays», a surenchéri le secrétaire général du parti présidentiel, Stanislas Guérini.

Prenez contact avec nous

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Derniers messages