pour les fêtes de Noël, Jean-François Delfraissy en appelle au «bon sens»

Les Français devraient limiter leurs interactions, a suggéré lors d’une audition au Sénat le président du Conseil scientifique, qui a évoqué la possibilité d’une quatrième dose de vaccin.

Les fêtes de Noël pourront avoir lieu en France, mais elles devront être «entourées», contexte sanitaire oblige. Lors d’une audition au Sénat, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a indiqué que ses équipes préparaient un nouvel avis portant sur la période de la fin d’année. Il sera intitulé «Fêtes de fin d’année, cinquième vague, variant Omicron, comment concilier enjeux sanitaires et sociétaux» et devrait être publié dans les prochains jours.

Alors que l’épidémie atteint de nouveaux sommets depuis quelques jours, le professeur a martelé l’importance de multiplier les «petites mesures» permettant de limiter les contaminations, qui risquent d’engorger à terme le système hospitalier. Le risque est d’autant plus grand que les équipes médicales sont à bout, après dix-neuf mois de crise, et qu’un certain nombre d’entre elles voudront prendre des congés durant les fêtes : la marge de manœuvre dans les hôpitaux est donc plus réduite.

«L’effort à faire sur les mesures de protection individuelle et collective est beaucoup plus limité que ce qu’on aurait pu demander il y a un an», grâce à la vaccination, a lancé Jean-François Delfraissy. Les Français devront donc de nouveau être «raisonnables», durant les fêtes, pour limiter les risques, a-t-il ajouté : «les fêtes pourront avoir lieu, mais il faut probablement les entourer», en limitant le nombre de convives, en se faisant tester avant Noël, ou en se faisant un autotest «avant d’aller déjeuner en famille». Les personnes âgées présentes devraient également être vaccinées, a suggéré le scientifique.

«Tout ça, c’est du bon sens», a-t-il jugé. En attendant, la vaccination de rappel devrait poursuivre son accélération, et les Français devraient limiter leurs interactions, a suggéré le médecin. «Il faut qu’à titre personnel, on limite notre agenda, les dîners, pots de réception de services divers et variés […]. Vous arrêtez tout, là», a-t-il lancé aux sénateurs. Les «pots» entre amis, notamment, devraient être limités, pour passer la «période difficile». «Si on ne fait pas ça, on sera obligé d’aller vers des restrictions plus lourdes». Même constat pour les «meetings politiques ou grands meetings de chanteurs», où le masque et le passe sanitaire ne sont pas requis. «Ce n’est pas raisonnable», a regretté Delfraissy.

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«Utilisation très large des tests»

«Il faut qu’on ait cette utilisation très large des tests», y compris pour les personnes vaccinées, qui peuvent être porteuses du virus, a insisté le professeur. L’année dernière, une véritable ruée sur les tests avait été observée lors de la période des fêtes : cette année, un mouvement similaire pourrait donc se répéter. Certains responsables politiques, dont Jean-Luc Mélenchon, appellent d’ailleurs à un retour de la gratuité des tests pour tous pour faire face à la nouvelle vague. Une piste rejetée jusqu’ici par l’exécutif, qui rappelle que l’immense majorité des prélèvements restent pris en charge par l’Assurance maladie.

«Au prix d’un certain nombre de mesures de restrictions individuelles et collectives, peut-être un peu plus marquées qu’elles n’ont été annoncées jusqu’à maintenant, d’un effort personnel de chacun d’entre nous, d’une accélération de la dose de rappel», la cinquième vague pourra être contenue, et l’hôpital protégé, a voulu croire le professeur. L’impact sur le système de soin serait alors «tenu, au prix de, probablement, des situations» tendues dans certaines régions.

Pour l’heure, l’incertitude plane quant à l’utilité d’une nouvelle dose de rappel, d’ici quelques mois. «J’entends parfois que la vaccination contre le Covid, ce sont deux injections plus un rappel. […] Je ne sais pas», a reconnu Jean-François Delfraissy. «Peut-être qu’il en faudra une quatrième», a-t-il ajouté, rappelant que l’immunité pouvait baisser au fil du temps. Une «quatrième dose» pourrait donc être nécessaire, sans qu’on sache selon quel calendrier. Mais il est également possible que le renforcement de la protection immunitaire engendré par le rappel, particulièrement efficace, «soit durable dans le temps».

Omicron, «le variant que l’on ne souhaitait pas»

Le président du conseil scientifique est également revenu sur le variant Omicron, qui inquiète les autorités, en rappelant que d’importantes incertitudes subsistaient pour le moment. Premièrement, «la transmission de ce variant est élevée», probablement plus que celle du variant Delta. Deuxièmement, «il n’y a aucun signe suggérant que ce variant est plus grave que les autres», pour le moment : il pourrait même entraîner «une forme clinique un peu différente, avec moins d’atteintes respiratoires». Troisièmement, ce variant «touche plus les enfants», sans que l’on sache si cela est dû à l’absence de vaccination et au faible nombre d’infections au sein de cette population. En Afrique du Sud, des enfants sont hospitalisés, non pour une forme grave, mais pour une forme tout de même «cognée», a indiqué Jean-François Delfraissy, pour qui Omicron est «le variant que l’on ne souhaitait pas».

Enfin, ce variant devrait rester sensible aux vaccins : «il y aura une diminution de l’efficacité» de ces protections. Moins efficaces, ces vaccins devraient donc continuer tout de même à protéger les individus, en particulier «pour les personnes ayant reçu […] une dose de rappel». Attendre de nouveaux vaccins spécifiquement conçus contre ce variant est donc une «très, très mauvaise idée», a averti le professeur, Delta restant l’ennemi actuel, redoutable et principal.

Dans l’ensemble, Omicron ne devrait pas être le «variant qui change tout», a jugé le représentant du conseil scientifique. «Il faut qu’on s’habitue, avec les outils et connaissances que nous avons, à […] l’arrivée de variants successifs», a-t-il enjoint. La stratégie globale ne devrait donc pas changer pour le moment.

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