pour les Chirac, «pas une voix ne doit manquer à Macron»

Claude Chirac et son époux Frédéric Salat-Baroux estiment que l’appel à ne pas voter pour Marine Le Pen ne suffit pas dans cette campagne d’entre-deux-tours.

Les appels à faire «barrage» se multiplient. À cinq jours du second tour de l’élection présidentielle, Claude Chirac, fille de l’ancien président Jacques Chirac, et son époux Frédéric Salat-Baroux, ex-secrétaire général de l’Élysée, appellent mardi 19 avril à ce que «pas une voix ne manque à Emmanuel Macron».

«Comme l’a dit Jacques Chirac durant toute sa vie, l’heure est au combat contre l’extrémisme», souligne ainsi le couple dans une déclaration faite à l’AFP. «Derrière un entre-deux-tours en apparence banalisé, la situation est infiniment plus grave qu’en 2017 et 2002», poursuit-il, alors que le Front national s’est déjà hissé au second tour lors de ces deux échéances.

Un «appel clair et net au vote Macron»

«Derrière le jeu de rôle de l’affrontement, Marine Le Pen et Éric Zemmour vont ensemble», mettent-ils encore en garde, et «l’extrême n’a pas deux visages mais deux faces». «La première, en se concentrant sur les préoccupations du quotidien, s’est donné les moyens de la conquête du pouvoir alors que la seconde fédère et reconstruit une idéologie glaçante.»

À leurs yeux, «face à cette réalité, la réponse n’est pas de dire ‘pas une voix ne doit aller à Marine Le Pen’, ce qui est une forme de non-décision et de laisser-faire», mais bien d’opter pour un «appel clair et net au vote Macron». Une allusion à peine voilée au choix des Républicains et de La France insoumise – deux formations politiques n’ayant pas souhaité choisir clairement le président sortant. «Pour l’heure, une seule chose compte : pas une voix ne doit manquer à Emmanuel Macron», insistent-ils.

La famille Chirac ne donne pas pour autant quitus au président-candidat. Dans une allusion à la proposition de rassemblement d’Emmanuel Macron, elle estime notamment que «la réponse ne saurait être dans la Constitution d’un vaste ensemble unique de gouvernement, avec pour seule alternative une extrême droite et une extrême gauche idéologiquement reconstruites».

«Entendre le message d’une jeune qui se lève»

«La droite a été battue mais n’est pas morte», juge Claude Chirac, qui a repris le flambeau de sa mère Bernadette en se faisant élire en juin 2021 conseillère départementale en Corrèze, et Frédéric Salat-Baroux, secrétaire général de l’Élysée entre 2005 et 2007.

Alors que la candidate LR Valérie Pécresse, qui avait reçu le soutien de Claude Chirac, a enregistré une cinglante défaite au premier tour (4,8%), ils appellent la droite à «se renouveler en prenant pleinement en compte ce qui doit être au cœur de l’action politique, l’égalité des chances et la justice» et à «entendre le message d’une jeunesse qui se lève».

Dans l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2002, Jacques Chirac, qui avait refusé le débat avec Jean-Marie Le Pen, avait fustigé «l’extrémisme», qui «dégrade et salit l’image et même l’honneur de la France». Et, dans un quasi-testament lors de sa dernière allocution télévisée prononcée depuis l’Élysée le 11 mars 2007, il avait appelé les Français à «ne jamais composer avec l’extrémisme, le racisme, l’antisémitisme ou le rejet de l’autre».

Lors de l’hommage national rendu à l’ancien chef de l’État, décédé en septembre 2019, Claude Chirac et son époux avaient également souhaité que Marine Le Pen n’assiste pas à la cérémonie.

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