Loukachenko menace de «couper le gaz» à l’Europe en réponse à d’éventuelles sanctions

Une réunion des ministres des Affaires étrangères européens doit se tenir le 15 novembre prochain pour discuter de nouvelles sanctions.

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a affirmé jeudi que son pays répondrait à toute nouvelle sanction européenne liée à la crise des migrants à la frontière entre le Bélarus et la Pologne, que Bruxelles impute à Minsk.

«S’ils nous imposent de nouvelles sanctions (…), nous devons répondre», a-t-il affirmé, selon une transcription publiée sur le site de la présidence bélarusse, évoquant notamment la possibilité de suspendre le fonctionnement d’un gazoduc qui traverse le Bélarus et livre du gaz russe vital aux Européens.

Chantage au gaz

Alors que l’Europe est confrontée à une grave crise énergétique, il a évoqué la possibilité de suspendre le fonctionnement du gazoduc Yamal-Europe qui traverse le Bélarus et livre du gaz russe, notamment à l’Allemagne et la Pologne. «Nous chauffons l’Europe et ils menacent de fermer la frontière. Et qu’est-ce qui se passerait si nous coupions le gaz naturel qui va là-bas ? Je conseillerais donc aux dirigeants polonais, aux Lituaniens et aux autres écervelés de réfléchir avant de parler», a lancé Loukachenko.

Le gazoduc Yamal-Europe permet au géant russe Gazprom de livrer d’importantes quantités de gaz venues de la péninsule de Yamal, dans l’Arctique, à la Pologne et à l’Allemagne. En échange, Minsk obtient des frais de transit pour le passage du tube sur son territoire.

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La Pologne accuse la Biélorussie de «guerre», une marche organisée jeudi

Des milliers de migrants arrivés avec un visa bélarusse dans l’espoir de gagner l’Union européenne se trouvaient mardi massés à la frontière polonaise, Varsovie dénonçant une «attaque» orchestrée par Minsk et Moscou.

Sur le terrain, l’inquiétude se cristallise sur le sort de plus de 2000 personnes bloquées dans un camp de fortune côté bélarusse de la démarcation, où elles se réchauffent en brûlant du bois pour supporter des températures proches de 0°C.

«Trafic organisé d’être humains »

La Biélorussie est à l’œuvre d’un «trafic organisé d’êtres humains à la frontière», a accusé ce jeudi matin Clément Beaune, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé des Affaires européennes, au micro de Jean-Jacques Bourdin, ce jeudi 11 novembre 2021 sur BFMTV et RMC.

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko «essaie de mettre la pression sur l’Union européenne, et il le fait avec quelques milliers de personnes qu’il utilise comme de la chair à canon», a-t-il poursuivi.

Préccupation internationale, nouvelles sanctions à venir

«Nous sommes dans une situation où il est grand temps de tirer les conséquences maintenant. Nous voulons le faire avec nos partenaires européens», a quant à lui expliqué ce jeudi le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas devant les députés du Bundestag allemand, ajoutant que «l’Union européenne va étendre et renforcer ses sanctions contre le régime de Loukachenko».

Les Européens accusent depuis des semaines le président bélarusse Alexandre Loukachenko d’alimenter les tensions en délivrant des visas à des migrants, et en les acheminant à la frontière pour se venger des sanctions européennes adoptées contre son pays pour sa répression d’un mouvement d’opposition, après la présidentielle de 2020.

Concernant d’éventuelles sanctions à l’encontre de la Biélorussie, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a estimé mercredi que «la réunion des ministres des Affaires étrangères qui se tiendra lundi 15 novembre et à laquelle participera Jean-Yves Le Drian devra évidemment se pencher sur de nouvelles sanctions».

Une option confirmée mercredi par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. «Au début de la semaine prochaine, il y aura un élargissement des sanctions» contre Minsk, a déclaré la responsable allemande après une entrevue avec le président américain Joe Biden à Washington.

Signe de la préoccupation croissante de la communauté internationale, le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir en urgence jeudi pour évoquer la situation entre ces deux pays d’Europe orientale.

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