L’indignation internationale face aux corps de civils retrouvés à Boutcha après le départ des Russes

Abandonnée par les soldats russes qui se replient vers l’Est, cette ville de la région de Kiev est désormais jonchée de dizaines de cadavres, retrouvés dans des fosses communes. La Russie dénonce une manipulation, mais les pays occidentaux expriment à l’unisson leur effroi.

À Boutcha, ville de la région de Kiev reprise cette semaine par les forces ukrainiennes, les Ukrainiens évoquent plus de 300 cadavres retrouvés en quelques jours dans les rues abandonnées par l’armée russe, qui a quitté la région de Kiev pour rejoindre le front à l’Est.

Après la diffusion des premières images de ces charniers, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé dimanche la Russie de commettre un «génocide». De son côté, le ministère russe de la Défense a assuré dimanche que ses forces n’avaient pas tué de civils à Boutcha.

Condamnations et appel à de nouvelles sanctions

Malgré ces protestations, les dirigeants occidentaux ont exprimé à l’unisson leur effroi devant les images des corps retrouvés, parfois les mains liées derrière le dos, dans les rues de Boutcha. Beaucoup d’entre eux ont appelé à cette occasion à renforcer encore les sanctions décidées contre la Russie.

Le président français Emmanuel Macron a dénoncé des images «insoutenables», affirmant que «les autorités russes devront répondre de ces crimes». «Les images qui nous parviennent de Boutcha, ville libérée près de Kiev, sont insoutenables», a écrit le chef de l’État sur Twitter, dénonçant : «dans les rues, des centaines de civils lâchement assassinés».

Ces meurtres sont «horribles», a déclaré quant à lui le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, dénonçant une «brutalité inédite en Europe depuis des décennies». «Il est absolument inacceptable que des civils soient pris pour cibles et tués, et cela souligne l’importance de mettre fin à cette guerre», a-t-il dit sur la chaîne américaine CNN.

Ces images sont «un coup de poing à l’estomac», «cela doit s’arrêter», a déclaré de son côté le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken. «Nous ne pouvons pas normaliser cela. C’est la réalité de ce qui se passe chaque jour, tant que la brutalité de la Russie contre l’Ukraine se poursuit», a-t-il dit sur la chaîne CNN, réaffirmant que les États-Unis contribuaient à «documenter» d’éventuels «crimes de guerre» pour que leurs responsables «rendent des comptes».

«Les images des crimes commis à Boutcha et dans les autres zones libérées par l’armée ukrainienne nous laissent sans voix. La cruauté des massacres de civils désarmés est terrifiante et intolérable», a déclaré dans un communiqué Mario Draghi. «Les autorités russes devront (…) rendre des comptes».

«Crimes de guerre»

Le chancelier allemand Olaf Scholz a réclamé quant à lui de nouvelles sanctions contre la Russie après ces meurtres imputés à l’armée russe; qu’il a qualifiés de «crimes de guerre». «Nous déciderons de nouvelles mesures entre Alliés dans les prochains jours», a-t-il assuré lors d’une courte déclaration à la chancellerie. «Le président Poutine et ses soutiens en subiront les conséquences», a-t-il promis, assurant que «les meurtres de civils sont des crimes de guerre».

Le premier ministre britannique Boris Johnson, à l’instar d’Emmanuel Macron, a évoqué également des «crimes de guerre» ces «attaques abjectes» de la Russie contre des civils : «Les attaques abjectes de la Russie contre des civils innocents à Irpin et Boutcha sont des preuves supplémentaires que (le président russe Vladimir) Poutine et son armée commettent des crimes de guerre en Ukraine», a déclaré le dirigeant dans un communiqué. «Les crimes de guerre doivent faire l’objet d’une enquête rapide et les responsables doivent être punis» a déclaré quant à lui le ministre espagnol des Affaires étrangères.

L’ONU aussi évoque ce dimanche soir dans un communiqué de possibles crimes de guerre. «Nous ne sommes pas encore en mesure de commenter directement les causes et les circonstances des décès de civils à Boutcha, mais ce que l’on sait à ce jour soulève clairement des questions sérieuses et inquiétantes sur de possibles crimes de guerre et de graves violations du droit international humanitaire», a déclaré le bureau des droits de l’Homme de l’ONU. «Choqué», le chef de l’ONU Antonio Guterres réclame de son côté une «enquête indépendante».

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