L’homme accusé d’agression sexuelle sur Édouard Louis de nouveau relaxé en appel

L’écrivain français accusait un homme de l’avoir violé et volé, il y a dix ans. Lundi 7 février, la cour d’appel de Paris a de nouveau contesté toute violence.

La cour d’appel de Paris a confirmé lundi 7 février la relaxe d’un homme de 36 ans, qui était accusé par le romancier Édouard Louis de l’avoir agressé sexuellement il y a près de dix ans, en décembre 2012.

Riadh B., également surnommé Reda, s’est vu également confirmer sa condamnation à trois mois d’emprisonnement avec sursis pour les vols d’une tablette et d’un téléphone portable. Mais la cour d’appel a requalifié les faits de vols avec violence en vols simples. Cet Algérien de 36 ans avait le 22 novembre, à son procès en appel, de nouveau contesté toute violence à l’égard de l’écrivain aujourd’hui âgé de 29 ans, absent à l’audience comme lors du premier procès.

«Histoire de la violence»

Le parquet général avait requis une peine de quatre ans d’emprisonnement, dont deux ans fermes, la même que celle requise en première instance. Le soir du 25 décembre 2012, Édouard Louis, qui s’appelait alors Eddy Bellegueule et n’était pas encore un auteur célèbre, avait déposé une plainte pour viol sous la menace d’une arme et vols aggravés. Aux policiers, il avait rapporté avoir rencontré dans la rue un homme prénommé Reda qui l’avait accompagné chez lui. Il avait expliqué avoir eu des relations sexuelles consenties, avant de se rendre compte que sa tablette et son téléphone avaient disparu.

Confronté, Reda était, d’après les déclarations du plaignant, devenu menaçant, l’avait étranglé avec une écharpe puis violé. De cette nuit, Édouard Louis avait tiré l’ouvrage «Histoire de la violence», publié en janvier 2016, quelques jours avant l’arrestation fortuite de son agresseur présumé dans une autre affaire.

À l’issue de l’instruction, comme dans de nombreux dossiers d’accusations de viol, les faits avaient été requalifiés en «agression sexuelle», amenant l’affaire devant un tribunal et non aux assises. «C’est une immense victoire, celle du droit sur dix années de pressions et de manipulations extra-judiciaires», s’est félicitée auprès de l’AFP l’avocate de Riadh B., Me Marie Dosé.

«Riadh B. est innocent et le clame depuis dix ans. Sa présomption d’innocence a été bafouée et violée toute une décennie durant», a-t-elle déploré. «Quand un récit ne contient aucune ligne de fiction, il finit par triompher», a réagi l’avocat d’Édouard Louis, Me Emmanuel Pierrat, reprenant les propos du romancier.

À VOIR AUSSI – Incestes et violences sexuelles: une plateforme pour renforcer la protection des enfants

Prenez contact avec nous

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Derniers messages