l’ex-archevêque et Laetitia Calmeyn annoncent porter plainte

Mgr Michel Aupetit et la théologienne ont tous les deux dénoncé l’article paru dans l’hebdomadaire, leur prêtant une «proximité» passée «sous silence», photos et vidéos «à l’appui».

«C’est une amitié. Sur le plan personnel, spirituel, nous sommes sur la même longueur d’âme»: dans un entretien au Parisien ce lundi 13 décembre, Mgr Michel Aupetit, dont la démission a été acceptée par le Pape le 2 décembre, est revenu pour la première fois sur la prétendue liaison cachée qu’il entretiendrait avec la théologienne et vierge consacrée Laetitia Calmeyn, et sur l’article de Paris Match insinuant une telle relation paru le 9 décembre.

L’hebdomadaire affichait, jeudi, en Une, une photo de Mgr Aupetit se promenant au bois de Meudon avec son amie Laetitia Calmeyn, titrée ainsi: «Monseigneur Aupetit, perdu par amour». D’autres photos et vidéos «à l’appui» – où l’on voit simplement la théologienne sortir d’un restaurant de Viroflay, puis marcher à ses côtés – Paris Match assure que l’archevêque «aurait menti par omission sur ses liaisons féminines» au Pape – qui détesterait le «mensonge» – en «passant sous silence» sa «proximité» avec cette théologienne.

«Je trouve ignoble qu’on salisse (Laetitia Calmeyn)», martèle Mgr Aupetit auprès du Parisien, expliquant que cette photo a été prise lors d’une balade suivant un déjeuner et se disant victime d’une «cabale». «On m’a désigné des gens, des réseaux qui m’en voulaient et qui ont agi. Mais je n’ai aucune preuve», avance-t-il. Il a annoncé porter plainte pour diffamation: «Je ne peux pas accepter que mon silence soit interprété comme un aveu de culpabilité»

«Où est le scandale aujourd’hui ?»

Des poursuites judiciaires seront également données par Laetitia Calmeyn. Interrogée par La Croix, dimanche 12 décembre, sur les suites à donner à la publication de Paris Match, la théologienne indique que «des avocats sont en train d’explorer toutes les voies judiciaires possibles». «Il y aura plainte. Mais nous n’avons pas encore défini précisément l’objet de cette plainte: atteinte à la vie privée, diffamation, calomnie… Il faut éviter que cela se réitère», précise-t-elle.

«Ce vol d’images et ce montage pour suggérer des soupçons – alors qu’il n’y a pas matière! – sont terribles», a-t-elle réagi. «Si ç’avait été un homme, un prêtre, au côté de Mgr Aupetit, y aurait-il eu le même traitement médiatique? Les femmes dans l’Église doivent-elles être réduites à des objets de soupçon, de fantasme, à l’expression de jalousies ou à la servilité?», déplore la vierge consacrée. Elle poursuit: «Est-ce que tout cela veut dire que, dans l’Église et aux yeux du monde, une relation entre un homme et une femme vécue dans l’amitié est inenvisageable?».

D’autres, sans prêter crédibilité aux insinuations de Paris Match, ont reproché alors à l’archevêque et à sa conseillère une forme d’imprudence à organiser cette rencontre, peu de temps après la démission de Mgr Aupetit – à la suite d’une enquête du Point faisant état d’un mail compromettant échangé avec une autre femme, en 2012.

Mais là encore, Laetitia Calmeyn répond sans ambages: «Qu’une personne extrêmement malmenée ces derniers temps, qui se trouve face à sa démission, garde des espaces d’amitié pour traverser l’épreuve, cela fait partie de l’ABC de la foi. Il ne faut pas se tromper d’objet. Où est le scandale aujourd’hui? Certainement pas dans l’amitié, mais dans le mal projeté sur cette amitié.»

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Une conseillère critiquée, voire jalousée pour son influence sur l’archevêque

L’existence de Laetitia Calmeyn comme amie et conseillère «officieuse» de Mgr Aupetit n’était un secret pour personne dans le milieu catholique parisien. Mais cette confiance que lui accordait l’archevêque de Paris suscitait un certain nombre de critiques, voire de jalousies.

«Aux Bernardins, Laetitia Calmeyn n’est pas la seule à avoir des responsabilités. Pourquoi ne s’attaque-t-on qu’à elle? Sans doute car j’ai avec elle une grande connivence spirituelle», répond dans Le Parisien Mgr Aupetit. «Je ne fais pas partie de l’équipe qui accompagne Michel Aupetit dans sa gouvernance», rappelle, dans La Croix, Laetitia Calmeyn.

Cette méfiance à son encontre, observe-t-elle, pose question sur le regard posé sur les femmes dans l’Église: «En un an, je suis passée une fois à l’archevêché pour un anniversaire. Il y a des prêtres qui ont d’importantes responsabilités dans le diocèse. Se dirait-on à leur sujet: “Tiens, c’est un homme de pouvoir”? Je suis du reste loin d’être la seule femme, il y en a d’autres dans les différents conseils diocésains. Et s’il m’arrive d’être consultée par des prêtres ou des laïcs sur l’une ou l’autre question, c’est bien au nom de mes compétences théologiques.»

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