L’Europe pourrait-elle vraiment se passer du gaz russe ?

LA VÉRIFICATION – Le scénario d’une interruption des livraisons de gaz russe aux États de l’Union européenne revient dans l’actualité. Les 27 pourraient-ils y faire face ?

LA QUESTION. L’Europe va-t-elle devoir apprendre à composer sans le gaz russe ? Longtemps balayée d’un revers de la main, cette perspective est revenue sous les projecteurs ces derniers jours. «Chaque jour, les pays occidentaux achètent à la Russie pour 700 millions de dollars de gaz, pétrole, charbon… Chaque jour, nous finançons donc la guerre de Poutine», s’est insurgé l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, sur Twitter. «Nos dirigeants doivent passer à une étape supérieure […]. Nous pouvons mettre un terme aux importations d’hydrocarbures», a ajouté l’élu, reconnaissant que cette mesure aura «un coût pour nos pays».

Ce lundi, Berlin a refusé cette piste : «nous sommes prêts à payer un prix économique très très élevé» mais «si demain, en Allemagne ou en Europe, les lumières s’éteignent, ça ne va pas arrêter les chars», a jugé la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock. Aux Échos, la directrice générale d’Engie parle quant à elle d’un «scénario de l’extrême» que représenterait une interruption des importations de gaz russe : «stopper les achats de gaz russe aurait des conséquences très importantes, de manière immédiate, sur les prix de l’énergie, et, dès l’hiver prochain, sur les clients – les industriels comme les particuliers», a mis en garde Catherine MacGregor.

L’État français, quant à lui, se prépare à un scénario d’une «coupure totale du gaz parce que Vladimir Poutine l’aurait décidé» : «il y a des incertitudes […]. La sagesse, c’est de préparer des scénarios, et, en fonction […], de faire des propositions», a déclaré Bruno Le Maire, sur BFMTV, lundi matin.

La piste d’une interruption des livraisons de gaz russe est étudiée depuis quelques semaines, et notamment depuis la suspension de l’autorisation du gazoduc Nord Stream 2, reliant la Russie à l’Allemagne. Celui-ci n’était certes pas encore en service, donc ne changera rien, à court terme, à l’approvisionnement européen. Mais si les Occidentaux imposent des sanctions à la Russie, Moscou pourrait en retour décider de réduire ou de stopper ses livraisons de gaz afin de faire pression ou sanctionner ses voisins. Or, Gazprom, le groupe public russe, fournit plus de 40% des importations de gaz de l’Europe et plus du quart de sa consommation annuelle. Alors, qu’en est-il vraiment ? L’UE pourrait-elle trouver d’autres sources de gaz naturel ? Et à quelles conditions ?

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