Les politiques rendent hommage à Bernard Tapie

L’homme d’affaires a aussi occupé de nombreux postes dans la vie politique.

Parmi ses milles vies, Bernard Tapie en a aussi consacré une à la politique. Bref ministre de la Ville sous François Mitterrand, député à deux reprises dans les années 1990, élu européen de 1994 à 1997, conseiller général des Bouches-du-Rhône… L’homme d’affaires, décédé ce dimanche à 78 ans après quatre ans de lutte contre le cancer, a enchaîné les mandats. De quoi marquer la classe politique, qui lui rend un hommage unanime.

C’est par un sobre «Bernard Tapie, à jamais Marseillais», que le maire socialiste de la ville, Benoît Payan, a répandu la nouvelle sur les réseaux sociaux. Sous une photo en noir et blanc de l’ancien président de l’OM, l’édile a fait part de sa «profonde tristesse». «Il fait partie de l’histoire de Marseille, l’histoire de nos plus grandes émotions collectives, celles qui ont marqué notre ville, notre club et ses supporters. L’histoire d’une étoile lors d’une nuit Européenne», a déclaré l’élu. La présidence de Bernard Tapie avait en effet vu le célèbre club remporter la Ligue des Champions pour la première fois de son histoire – un exploit resté inégalé dans le foot français. «Marseille sera au rendez-vous pour lui rendre un hommage populaire à sa hauteur», a encore assuré Benoît Payan.

Dans la foulée, Emmanuel Macron a fait part de son hommage via un long communiqué. Rappelant ses nombreuses casquettes, le chef de l’État a souligné le «talent» de ce «jeune Rastignac» dans le monde des affaires, «l’empire Tapie», son côté «hâbleur, charismatique» et «séduisant». Mais aussi «les ombres d’une chronique judiciaire», «des procès perdus» et «de lourdes condamnations». «Cet homme qui avait une combativité à déplacer les montagnes et à décrocher la lune ne déposait jamais les armes, et livra bataille contre le cancer jusqu’à ses derniers instants», peut-on encore lire.

Depuis le congrès de la majorité présidentielle à Avignon, Jean Castex a lui aussi évoqué l’image du «combattant», «pour ses idées, ses convictions». «Je rappelle qu’il a toujours été très engagé contre l’extrême droite mais surtout pour des causes. (…) Je m’incline à la mémoire de Bernard Tapie», a-t-il ajouté.

«Un panache» et «des combats»

De tous bords, les différentes personnalités politiques ont tour à tour salué la mémoire de l’ancien ministre. La maire PS de Paris, Anne Hidalgo, a ainsi rappelé «le courage, l’audace, la passion, les excès» – une «incroyable vie que celle de Bernard Tapie». L’édile socialiste du Mans, Stéphane Le Foll, a quant à lui fait part d’un «personnage populaire de la vie politique», décédé «après un long combat». «Aimé ou détesté, Bernard Tapie ne laissait personne indifférent», a complété le député socialiste Guillaume Garot, au sujet d’un «homme de passion (…) porté par une incroyable énergie et un vrai courage».

À droite, la présidente (Libres !) de l’Île-de-France en lice pour le congrès LR, Valérie Pécresse, a salué «un panache», «des combats», et «toujours ce sourire et cette énergie qui emportaient tout sur leur passage». Idem pour le président LR du Sénat, Gérard Larcher, qui s’est incliné devant l’«admirable courage face à la maladie», «au-delà de l’homme engagé et passionné qu’il fut tout au long de sa vie». Xavier Bertrand a quant à lui assuré que «personne ne pouvait rester insensible à l’homme, son énergie et son franc-parler», gardant «l’image d’un combattant acharné».

Soutenu par Bernard Tapie au second tour de l’élection présidentielle de 2007, l’ancien chef de l’État, Nicolas Sarkozy, a lui aussi pris la parole. «Bernard Tapie aura vécu jusqu’au bout avec une passion intacte, une énergie indomptable, et une grande empathie pour les gens», a-t-il déclaré. Autre proche de l’homme d’affaires, l’ancien ministre Jean-Louis Borloo a écrit quelques lignes : «Là où tu t’es échappé, ton honneur lavé par la justice, tu ressens cette explosion d’affection et d’amitié qui monte vers toi de tous les foyers français. Merci Bernard, tu es énorme, tu es hors-norme. À bientôt mon frère.»

Bien que l’homme engagé ait consacré une partie de sa vie à combattre Jean-Marie Le Pen, le président du Front national a lui aussi «salué sa mémoire». «On a parlé et on parle encore des “années Tapie”, c’est dire le caractère exceptionnel de sa personnalité», a-t-il écrit sur Twitter. Sa fille, Marine Le Pen, a quant à elle adressé ses «condoléances à la famille du défunt». «Sa gouaille et son tempérament ne manquaient pas de panache. Cette époque qui s’en va avait résolument du caractère», a complété le président du Rassemblement national, Jordan Bardella. Le polémiste Eric Zemmour a en outre affirmé : «Au-delà de nos désaccords ponctuels, je retiendrai un homme au tempérament exceptionnel, à l’humour ravageur, jusqu’aux dernières minutes de sa vie». «Quel homme ! (…) Repose en paix.»

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