la préfecture réquisitionne les éboueurs face aux «milliers de tonnes de déchets»

L’État a décidé d’intervenir après que des plages de Marseille ont été recouvertes de déchets, dont un bon nombre a fini dans la mer, lors de violents orages lundi. Mercredi, le mistral s’est également levé, dispersant partout les montagnes d’ordures.

Face aux «milliers de tonnes de déchets» toujours dans les rues de la métropole Aix-Marseille-Provence après une grève qui se poursuit partiellement, la préfecture de police a – fait rare – réquisitionné des éboueurs à partir de jeudi 7 octobre.

Cette intervention de l’État intervient après que des plages de Marseille ont été recouvertes de déchets, dont un bon nombre a fini dans la mer, lors de violents orages lundi, suscitant un tollé. Mercredi, c’est le mistral qui s’est levé, dispersant partout les montagnes d’ordures qui débordent dans certains secteurs des 92 communes de la métropole dirigée par la LR Martine Vassal.

Une première depuis 11 ans

«Malgré la reprise partielle de l’activité d’enlèvement des ordures ménagères à la suite de la grève commencée le 27 septembre dernier, plusieurs milliers de tonnes de déchets sont encore présentes sur la voie publique dans plusieurs communes», a regretté la préfecture de police dans un communiqué. «Considérant la persistance des atteintes à la salubrité et à la sécurité publiques, en dépit des mesures prises par la Métropole pour y remédier, la préfète de police des Bouches-du-Rhône a pris la décision de réquisitionner par arrêté le personnel strictement nécessaire au rétablissement de l’ordre public, pour une durée maximale de trois jours» à compter de jeudi, a-t-elle ajouté, précisant que cela concernerait une soixantaine d’agents.

«Je remercie la préfète de police, qui à ma demande, a réquisitionné les personnels hors préavis qui bloquent aujourd’hui les agents de la collecte et de la propreté», a réagi dans un tweet Martine Vassal.

La dernière réquisition de ce type remonte à 2010 dans la deuxième ville de France, régulièrement affectée par des mouvements de grève des éboueurs. Des hommes de la Sécurité civile avaient dans un premier temps été mobilisés, avant que le préfet en vienne à réquisitionner des éboueurs pour faire fonctionner des centres de transfert d’ordures en grève à l’époque contre la réforme des retraites.

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Mesure efficace ?

Mobilisés sur leur temps de travail et l’application des 35 heures, les éboueurs de la Métropole s’étaient mis en grève fin septembre mais vendredi dernier, les tournées de collecte avaient commencé à reprendre après un accord entre la Métropole, le puissant syndicat majoritaire Force Ouvrière et la FSU. La CGT n’avait, elle, pas signé la proposition d’une baisse des 35 heures de 9,5% pour tenir compte de la pénibilité du travail des agents de collecte et de propreté et la grève a continué dans certains secteurs, notamment à «100% à Istres ou Martigues» et dans certains secteurs de Marseille, selon le syndicat minoritaire.

Sur le terrain, les syndicats se demandent si cette réquisition sera réellement efficace. «Je ne vois pas l’intérêt d’une réquisition car les grévistes se comptent sur le doigt d’une main, je ne sais pas qui ils vont réquisitionner», a réagi Patrick Rué, secrétaire de FO à la Ville et à la Métropole. «C’est une décision à la hussarde et si la grève n’est pas terminée c’est bien qu’il y ait un problème sur leur pseudo-accord», a taclé Véronique Dolot, de la CGT Métropole, auprès de l’AFP. «Si la présidente de la Métropole avait rencontré les grévistes on n’en serait pas là», a surenchéri Patrice Kantarjian, de l’Union départementale CGT 13 qui ajoute: «Le problème de la propreté de Marseille n’a pas démarré avec la grève des éboueurs».

Payan veut récupérer la compétence de la collecte

Le maire socialiste de Marseille, Benoît Payan, s’était plaint de la situation auprès d’Emmanuel Macron dans une lettre ouverte publiée mercredi par La Provence. Et il a réclamé que la mairie récupère la compétence de la collecte des déchets, aujourd’hui organisée par la Métropole sur ses 92 communes. «Cessez votre tentative de “putsch institutionnel”, ce n’est pas une méthode saine», lui ont répondu les élus de droite (opposition) au conseil municipal.

Le président de la République avait critiqué sévèrement lors de sa venue début septembre les problèmes de gouvernance de la Métropole. Jeudi, Martine Vassal présidera un Conseil métropolitain où sera justement présenté un rapport de la Chambre régionale des comptes sur sa gestion des déchets.

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