jour J ce jeudi de l’entrée en vigueur du passe sanitaire pour les 12 à 17 ans

À ce jour, plus de sept adolescents sur dix ont reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19, et près de 64% d’entre eux ont un schéma vaccinal complet.

Nouvelle extension du passe sanitaire. À partir de ce jeudi, le précieux sésame déjà en place pour des millions de Français devra être présenté par les adolescents âgés de 12 ans et 2 mois à 17 ans pour accéder à de nombreux lieux et activités.

Pour rappel, le passe est exigé à l’entrée de nombreux lieux, dont les bars, restaurants, discothèques, fêtes foraines, parcs zoologiques, festivals, salles de sport, musées, cinémas, transports de longue distance et piscines. Il n’est pas exigé pour le sport scolaire et universitaire mais il l’est pour les pratiquants de loisirs et de compétition. Comme leurs aînés, les jeunes pourront valider leur passe par un test de dépistage négatif, un schéma vaccinal complet ou un certificat de rétablissement du Covid-19 de moins de six mois.

La vaccination avait été ouverte aux adolescents tardivement, mi-juin. Un mois plus tard, le gouvernement avait indiqué que les mineurs seraient concernés par le passe sanitaire fin août, une date qui avait ensuite été repoussée d’un mois lors des débats parlementaires sur le projet de loi sanitaire. Les députés s’étaient inquiétés d’une campagne de vaccination démarrée plus tard pour les jeunes, et avaient ainsi plaidé pour le décalage de la date d’entrée en vigueur du passe pour cette portion de la population.

À VOIR AUSSI – Le gouvernement envisage de maintenir le passe sanitaire jusqu’à l’été 2022

Moins de sept adolescents sur dix ont un schéma vaccinal complet

Au 27 septembre, Santé publique France estime que plus de sept adolescents sur dix – 72,1% – ont reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19, et près de 64% d’entre eux ont un schéma vaccinal complet. Dans le détail, 2,3 millions de jeunes âgés de 12 à 15 ans sont primovaccinés, soit 68,7%, et 1,3 million pour les 16-17 ans, soit les trois quarts de cette population.

Partie en trombe, la campagne vaccinale chez les plus jeunes a ralenti depuis début septembre, au grand dam des autorités, qui comptaient sur la rentrée scolaire pour poursuivre la dynamique de l’été. Sans surprise, à mesure que les injections se sont multipliées, l’afflux de candidats a ralenti : en septembre, la proportion de jeunes ayant reçu une première dose n’a progressé que de 7,6 points de pourcentage, contre 23,4 points en août.

Si la courbe continue de progresser, la vaccination reste moins avancée dans cette classe d’âge, par rapport aux taux frôlant voire dépassant les 90% chez les aînés. Le taux d’adolescents totalement vaccinés est par ailleurs inférieur de près de 20 points de pourcentage à celui de la population éligible dans son ensemble. Un long chemin doit donc encore être parcouru afin de protéger au mieux cette population, certes peu sujette aux formes graves, mais qui participe de la propagation de l’épidémie.

La vaccination en milieu scolaire boudée

Interrogé, le ministère de la Santé estime que le rythme de la vaccination des 12-17 ans «reste soutenu» mais reconnaît un «petit ralentissement depuis quelques semaines». Les injections en milieu scolaire, sur lesquelles les autorités fondaient de grands espoirs, n’ont pas trouvé leur public : 23.800 injections seulement ont été réalisées depuis le 1er septembre. Les équipes reconnaissent rencontrer «parfois quelques difficultés» pour obtenir l’adhésion des familles, un «obstacle» sur lequel l’exécutif souhaite agir.

En outre, de fortes disparités subsistent selon les territoires. On retrouve la différence notable entre la façade ouest de la France, bien plus vaccinée, et la Méditerranée, en retard. La situation est particulièrement alarmante en Outre-mer, où les taux de première injection sont inférieurs à 15% chez les mineurs, en Guyane et en Guadeloupe, et viennent de dépasser les 20% en Martinique. Ils sont sensiblement supérieurs à Mayotte et à la Réunion.

Chez nos voisins, l’Espagne a administré une première injection à 82% de ses 12-19 ans, et l’Italie à 68% de cette même classe d’âge. Et, outre-Rhin, 40% des Allemands de 12 à 17 ans sont primovaccinés. «Nous sommes très bien situés en Europe», commente-t-on rue de Grenelle. L’exécutif estime que l’extension du passe sanitaire aux mineurs va redonner un coup de fouet bienvenu à la demande chez les mineurs. Un «effet rebond» sera noté à ce moment-là, parie-t-on, et «d’autres moyens» pourront être mis en branle pour mobiliser spécifiquement cette classe d’âge.

Reste que le sujet est particulièrement sensible : «touchez pas à nos enfants» est ainsi régulièrement entendu dans les cortèges des opposants au passe, le week-end. Contrairement aux autres classes d’âge, le déremboursement des tests de dépistage ne pourra pas non plus servir d’incitation supplémentaire pour pousser les jeunes à recevoir leurs injections. Comme l’a précisé Jean Castex cette semaine, l’exécutif compte «maintenir la gratuité pour les mineurs».

La date de levée de l’obligation du passe n’est pas encore connue, l’exécutif estimant que la situation sanitaire reste trop incertaine pour respecter la date du 15 novembre prévue jusqu’ici. «Il est prématuré de tout arrêter», alors que le pays enregistre encore 5000 contaminations quotidiennes, a noté le ministre de la Santé ce mercredi. «L’épidémie n’est pas terminée», a ajouté Olivier Véran. Mercredi, le porte-parole du gouvernement a annoncé qu’un texte serait déposé pour «maintenir pendant plusieurs mois encore, jusqu’à l’été, la possibilité (de) recourir» au passe sanitaire : les adolescents comme leurs aînés vont devoir s’habituer à ce régime.

Prenez contact avec nous

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Derniers messages