Face aux attaques, Valérie Pécresse prévient qu’elle est une «conquérante»

Dans un entretien accordé au JDD, juste avant son premier grand meeting de campagne, la candidate de la droite invite ses adversaires à ne pas sous-estimer sa solidité et sa détermination. «Rien» ne la détournera de son chemin.

Un ton résolu, des réponses fermes et une volonté certaine. C’est l’impression que donne la lecture du long entretien que Valérie Pécresse accorde au JDD dimanche, juste avant d’affronter le premier grand meeting de sa campagne. «Il faut que les Français apprennent à me connaître et c’est à moi d’aller les convaincre», reconnaît la candidate de la droite, en répondant à toutes les critiques entendues durant la semaine.

Dans cette campagne, Valérie Pécresse se voit comme «la femme à abattre», ciblée par ses principaux rivaux (Macronie, Zemmour, Le Pen). «Mais je le dis à tous ceux qui me tirent dans le dos : je suis une conquérante. J’ai cette force en moi», prévient-elle

Sur Éric Woerth, parti soutenir Emmanuel Macron, la candidate note qu’il a changé d’avis en assurant qu’il avait émis les mêmes critiques que les siennes sur l’état des finances publiques. Et quand l’ex-ministre juge son projet trop régalien, elle estime qu’il n’a pas tout lu. «Il a dû s’arrêter à la page 2», ironise-t-elle.

Interrogée sur sa propre crédibilité face à la question de l’immigration, après le départ de Natacha Bouchart, maire LR de Calais partie elle aussi vers Emmanuel Macron, Valérie Pécresse renvoie à la «réalité» d’une «France passoire» en défendant son projet de quotas migratoires et de retour des clandestins. Elle se dit également prête à aider les pays européens qui souhaitent «construire des barrières voire des murs», comme elle l’a soutenu récemment en Grèce.

Sarkozy et l’unité de la famille

Quand le JDD lui demande si elle s’attendait à ce que les coups viennent aussi de Nicolas Sarkozy, en référence aux propos publiés dans Le Figaro en fin de semaine, Valérie Pécresse répond brièvement en jugeant les conseils de l’ancien président «toujours utiles». Puis d’ajouter : «Mais l’unité de notre famille est aussi importante. Je sais qu’il a cela à cœur».

L’entretien lui donne l’occasion de définir son projet en trois mots : protéger, reconstruire et réinventer. Alors que des «convois de la liberté» convergent ce week-end vers Paris, elle s’engage à mettre en place un «véritable référendum d’initiative populaire» et souhaite que les Français «ne se sentent plus méprisés par le pouvoir».

Pour les faire rêver, elle promet une «société libérée» par la hausse des salaires, le travail, le pouvoir d’achat, la décentralisation, la débureaucratisation et l’innovation et s’engage à incarner une présidence «courageuse». «Dans cette campagne, je suis celle qui dit la vérité», insiste la candidate.

Fustigeant le quinquennat de «zigzags» du président sortant, elle met seulement « quelques bonnes mesures » à son crédit (loi travail, dédoublement des classes de CP et augmentation « trop tardive » du budget de la justice). En outre, elle reproche à Emmanuel Macron de faire des «chèques sans provision» en fin de mandat. «Derrière ces chèques, il y a de la dette. Et derrière la dette, il y a des impôts», blâme-t-elle.

«Il a peur»

Enfin, créditée de 15% à 16% des intentions de vote, Valérie Pécresse explique le faux plat de sa campagne, à deux mois du premier tour, par l’absence de candidature déclarée d’Emmanuel Macron. «La violence des attaques montre qu’il a peur d’un face-à-face avec moi», argue-t-elle, en promettant de faire la différence «le jour venu». Et quand Eric Zemmour la surnomme «20h02» pour dénoncer ce qu’elle fera au soir du premier tour si elle devait appeler à voter Emmanuel Macron, Valérie Pécresse ignore cette issue en promettant d’être présente au second tour. En revanche, elle espère que le candidat de «Reconquête» votera pour elle à «20h01» pour tourner la «page Macron».

Valérie Pécresse, qui ne veut pas être prise pour un «perdreau de l’année» face à la dureté de la campagne, raconte aussi comment elle s’est forgé un tempérament de «combattante». «J’ai été tellement en butte dans ce milieu d’hommes à la violence, au machisme, et aux attaques que j’ai le cuir épais», confie la candidate de la droite. Protégée par une «armure», Valérie Pécresse souhaite la fendre aujourd’hui, pour laisser percevoir sa «part d’humanité», tout en restant «pudique».

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