déploiement de forces de sécurité après un possible massacre

Les autorités mexicaines ont annoncé l’envoi de renforts de sécurité dans une ville de l’Ouest du pays où une dizaine d’individus auraient été abattus dimanche par un commando armé, d’après une vidéo reprise par plusieurs médias. Les autorités de l’État du Michoacan sur la côte pacifique ont annoncé dimanche l’envoi «d’éléments» dans une zone limitrophe de l’État voisin du Jalisco «pour rétablir l’ordre social après des alertes faisant état de détonation d’armes à feu».

Plusieurs médias ont diffusé une vidéo amateur anonyme montrant des hommes armés en train mettre en joue un groupe d’une dizaine de personnes contre un mur, les mains en l’air. La mélodie lente d’une chanson mexicaine s’échappe d’une maison voisine. Prise d’une fenêtre à distance, la vidéo finit par un bruit de tirs en rafales. «Un groupe de civils armés a fait irruption dans une veillée mortuaire, provoquant un bilan provisoire de 10 morts dans la localité de San José de Gracia», a commenté le journal Milenio. Des habitants ont parlé d’un «commando arrivé à bord de plusieurs camionnettes à quelques mètres de la cérémonie mortuaire», d’après le journal.

«Attendons d’avoir des informations», a déclaré le président de la République Andres Manuel Lopez Obrador lundi matin lors de sa conférence de presse quotidienne. «Ils n’ont pas retrouvé de corps», même «s’il y a des preuves d’un affrontement. Il y a des cartouches», a-t-il relevé en citant les rapports des autorités du Michoacan. «J’espère que ce n’est pas vrai», a-t-il ajouté en citant deux journaux qui ont donné l’information comme un fait établi. Le président a fini son habituelle diatribe envers les médias «adversaires» avec un petit rire qui a choqué ses détracteurs. «On fusille 17 personnes au Michoacan et AMLO se préoccupe davantage de la couverture journalistique que du massacre (…) Il se préoccupe davantage de se battre avec les adversaires que d’arrêter la violence. De quoi se rit le président?», s’offusque l’analyste politique Denise Dressler.

Élu en 2018, le président a tenté une stratégie d’«accolades, pas de fusillades» face à la violence dans son pays qui s’est traduite l’année dernière par plus de 33.308 assassinats (91 par jour), en légère baisse par rapport aux records de 2019 et 2020. Dans le même temps, l’exécutif a créé un nouveau corps de sécurité, la Garde nationale. Comme plusieurs autres des 32 États fédérés du Mexique, Michoacan et Jalisco sont le lieu d’affrontement entre les cartels dont les deux plus puissants, Jalisco Nueva Generacion et Sinaloa. Quelque 340.000 personnes ont été tuées depuis 2006, date à laquelle l’ex-président Felipe Calderon a déclaré une guerre totale au narco-trafic.

Prenez contact avec nous

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Derniers messages