ce qu’il faut retenir des annonces d’Emmanuel Macron à Belfort

Lors d’un discours très attendu, ce jeudi après-midi, le chef de l’État a précisé sa vision pour la stratégie énergétique française.

Les projets de l’exécutif pour assurer l’avenir énergétique de la France sont enfin connus. Ce jeudi après-midi, à Belfort, le président de la République a levé le voile sur ses décisions en matière de politique énergétique, lors d’un discours. Depuis sa prise de parole de novembre dernier, durant laquelle il avait promis de «relancer la construction de réacteurs nucléaires», sans s’étendre sur le sujet, le chef de l’État était attendu de pied ferme par ses opposants comme par les acteurs de la filière.

Pour le chef de l’État, les «chantiers» visent à atteindre la neutralité carbone, réduire la dépendance énergétique de la France et assurer le «développement industriel de notre pays». L’objectif du plan de l’exécutif est aussi de «donner de la visibilité», avec une «profondeur de champ» sur les décennies à venir. À huit semaines du premier tour de l’élection présidentielle, ses annonces seront scrutées de près.

Consommer moins d’énergie, d’ici trente ans

C’est le premier axe avancé par Emmanuel Macron : pour atteindre ses objectifs climatiques, la France doit, «en trente années, être capable de baisser de 40% [sa] consommation d’énergie». Non en faisant preuve «d’austérité énergétique», mais par d’autres moyens, comme «l’innovation», la décarbonation de l’appareil industriel, l’adaptation du parc automobile, le développement de la filière hydrogène ou la rénovation des logements. Dans les prochains mois, une «planification» sera mise en place, pour décliner des objectifs clairs et des moyens d’accompagner ménages et industries dans ces changements.

Produire «beaucoup plus» d’électricité pour l’avenir

Dans les décennies qui viennent, pour remplacer les énergies fossiles, la France devra «être en mesure de produire jusqu’à 60% d’électricité en plus qu’aujourd’hui». Et une stratégie misant uniquement sur un type d’énergie est une «impasse», selon Emmanuel Macron. Le gouvernement veut donc miser «tout à la fois sur les énergies renouvelables et le nucléaire», dans sa stratégie énergétique.

Solaire, éolien, éolien en mer : d’importants efforts d’ici 2050

La France devra faire un gros effort sur l’énergie solaire, afin de multiplier par dix ses capacités de production d’ici 2050. Objectif : «dépasser 100 gigawatts».

Outre le solaire, le chef de l’État veut compter sur l’éolien en mer. Il «sera développé pour viser 40Gw en service en 2050, soit une cinquantaine de parcs éolien en mer», a-t-il précisé. Le premier parc doit être ouvert dans les prochains mois : le cap est donc fixé, mais la marche est haute.

L’éolien terrestre devra lui aussi être développé, mais de manière «raisonnable». «L’objectif fixé à l’horizon 2030 doit être étalé dans le temps. L’énergie produite par l”éolien terrestre, 18,5Gw à fin 2021, va doubler mais d’ici à 2050 et pas 2030», a déclaré le président de la République. Les maires auront la liberté de décider là où l’implantation d’éoliennes sera permise et pourront bénéficier d’avantages fiscaux liés à ces éoliennes.

Plus aucune fermeture de centrale nucléaire à l’avenir

Emmanuel Macron a annoncé deux décisions phares. D’abord, «qu’aucun réacteur en état de produire ne soit fermé à l’avenir, compte tenu de la hausse de nos besoins électriques […], sauf raison de sûreté». Une décision prise sur la base des travaux de RTE et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

La durée de vie des réacteurs nucléaires actuels prolongée

Deuxième décision, Emmanuel Macron souhaite prolonger la durée de vie des réacteurs actuellement en service. «Je demande à EDF d’étudier les conditions de prolongation de tous les réacteurs au-delà de 50 ans, en lien avec l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)», a-t-il déclaré.

Nucléaire : une commande de six nouveaux réacteurs, et une étude pour «huit» additionnels

Soucieux de relancer la «grande aventure du nucléaire civil en France», Emmanuel Macron a annoncé le lancement d’un «programme de nouveaux réacteurs nucléaires». «Je souhaite que six EPR2 soient construits» d’ici 2050, et que des études soient lancées sur la construction de «huit» autres additionnels, a déclaré le locataire de l’Élysée. Soit un total potentiel de 14 réacteurs.

Le chantier du premier réacteur sera lancé en 2028, pour une mise en service visée «à l’horizon 2035», a commenté le chef de l’État. Une «large concertation du public» aura lieu au second semestre 2022, a-t-il aussi indiqué.

L’État aux côtés d’EDF pour le nouveau nucléaire

Au niveau gouvernemental, une direction interministérielle sur le nouveau nucléaire sera créée pour en assurer le pilotage. Sur le plan financier, l’État va engager «un plan massif de plusieurs dizaines de milliards d’euros l’ensemble de la filière et EDF, qui traverse une période difficile. L’État prendra ses responsabilités pour financer EDF à court terme et à moyen terme», a assuré Emmanuel Macron.

Sur le plan juridique, une nouvelle régulation de l’énergie nucléaire sera mise en place avec la Commission européenne, en remplacement de l’ARENH afin de garantir des prix stables, proches des coûts de production.

Prenez contact avec nous

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Derniers messages