Après la première crise sanitaire, la relocalisation des industries s’affirme, selon une étude

Quelque 115 relocalisations ont été identifiées depuis septembre 2019. Pour la seule année 2021, l’étude dénombre 45 implantations.

Les relocalisations d’industries se multiplient dans le monde au fur et à mesure de la reprise des investissements qui ont retrouvé en 2021 leur niveau d’avant-Covid et bénéficient, en France, surtout aux PME, indique une étude publiée mardi par le cabinet Trendeo.

La distance moyenne entre le lieu de décision d’un investissement et le lieu de l’investissement s’est établie à 3120 kilomètres à mi-2021. En 2020, elle a baissé de presque 5% dans le monde, maximum observé par le baromètre de l’industrie publié par Trendeo depuis sa création en 2016. Cette diminution, amorcée en 2018 et 2019, s’est poursuivie à un niveau moindre en 2021 : «Il y a bien une contraction des chaînes mondiales de production», souligne David Cousquer, fondateur de Trendeo, société spécialisée dans l’analyse de données sur les tendances économiques, lors d’une présentation du «baromètre annuel de l’usine du futur».

«Il y a une régionalisation des investissements industriels mondiaux, on voit que c’est une tendance de fonds», ajoute Gwenaël Guillemot, directeur de l’Institut de la réindustrialisation, et responsable du département Industrie à l’école d’ingénieurs CESI, partenaire du baromètre de Trendeo. «En France, le phénomène se traduit par des relocalisations en »forte hausse«, indique le baromètre.

Quelque 115 relocalisations ont été identifiées depuis septembre 2019. Pour la seule année 2021, l’étude dénombre 45 implantations ayant généré plus de cinq emplois, grâce le plus souvent aux aides financières du plan de relance du gouvernement et de l’Union européenne. «Avant France Relance, on comptait en moyenne une dizaine de cas de relocalisations de plus de cinq emplois par an en France, avec un pic à une trentaine de projets en 2014 grâce à l’activisme du ministre de l’Industrie de l’époque Arnaud Montebourg, mais la mayonnaise n’avait pas pris», ajoute Gwenaël Guillemot.

«Il y a bien quelque chose qui se passe, et cela impacte surtout le tissu industriel des PME», analyse-t-il, alors que le phénomène des délocalisations avait, lui, surtout touché les grands groupes. Du coup, la tendance est encore loin de se refléter dans les chiffres de l’emploi global : «31.740 emplois ont été délocalisés entre 2009 et 2021, et 4.885 emplois ont été créés, relocalisés dans le même temps», indique Gwenaël Guillemot.

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