37 nouvelles interpellations lors d’une nouvelle nuit de tensions

Après une nouvelle nuit émaillée de pillages et d’incendies, les manifestants ont annoncé poursuivre la mobilisation. Le gouvernement a annoncé l’envoi du GIGN et du Raid.

La nuit de samedi à dimanche est restée agitée en Guadeloupe, qui affronte un mouvement social d’ampleur depuis une semaine, entre incendies et pillages. «37 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue», selon une source policière, «la plupart en flagrant délit de pillage» de magasins ou de restaurants. Le couvre-feu, imposé de 18h à 5h dans toute l’île face à l’insécurité, a été largement transgressé par les militants anti-mesures sanitaires. «Il y a eu des tirs dirigés contre les forces d’intervention», a indiqué le commandement de la gendarmerie de Guadeloupe.

Un effectif d’environ 200 forces de l’ordre était réparti dans la zone centrale de l’île samedi soir, pour affronter les barrages enflammés «très nombreux» toute la nuit, mais aussi des guets-apens. Au total, plus de 150 grenades lacrymogènes et de désencerclement ont été lancées par les forces de l’ordre. Dans plusieurs communes de l’île, des magasins alimentaires ont été pillés, mais aussi des pharmacies. «A chaque fois, une barricade placée en amont nous empêchait d’avancer», selon les gendarmes qui témoignent aussi de soupçons de «faux appels pour nous attirer ailleurs, tout comme les pompiers». Dans la commune de Morne-à-l’Eau, un poste de police a été incendié.

Déjà dans la nuit de vendredi à samedi, des pharmacies et des commerces de téléphonies avaient été visés. Samedi matin, la préfecture de Guadeloupe avait évoqué «29 interpellations dans l’archipel d’individus pillant et dégradant les biens privés et publics».

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Une situation «inacceptable » selon Attal

Depuis la métropole, le gouvernement est en alerte. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a tenu une réunion de crise en fin de journée samedi, annonçant dès dimanche l’envoi dans l’île d’une cinquantaine de membres des forces d’élite du GIGN et du Raid. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a dénoncé dimanche matin une situation «intolérable et inacceptable», œuvre d’une «petite minorité». «Aujourd’hui, elle s’est radicalisée et elle essaie de les bloquer, de les intimider par la violence», a-t-il affirmé dans une interview à Europe 1, CNEWS et Les Echos. Et d’évoquer des «soignants menacés», «des pharmacies empêchées d’ouvrir» et «les ambulances bloquées sur les barrages».

De son côté, l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG), en pointe de la contestation, a appelé dans un communiqué «à poursuivre la mobilisation et à renforcer les piquets de revendications populaires». Au cœur de la révolte, non seulement l’obligation vaccinale pour les soignants, mais aussi «la profondeur des souffrances, des inégalités, de la pauvreté et de l’exclusion subies par la population, singulièrement les jeunes et les personnes âgées», a-t-elle poursuivi. La mobilisation «constitue une franche réponse à tous les mépris, toutes les violences qui nous sont opposés depuis des années, à nous peuple de Guadeloupe», a encore écrit la secrétaire générale du syndicat, Maïté Hubert M’Toumo, en se félicitant des barricades érigées sur l’île.

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