10 ans de prison pour vol avec violences

La justice a déclaré Abdallah Miladi coupable de vol avec violences sur personne vulnérable, mais l’a acquitté du chef de violences ayant entraîné la mort.

La cour d’assises de Seine-Saint-Denis a condamné mardi 5 avril un homme à dix ans de prison pour avoir dépouillé un jeune à la sortie d’un festival techno à Paris en 2016, repêché mort ensuite dans le canal de l’Ourcq, mais n’a pas retenu sa responsabilité dans le décès. Après cinq heures de délibéré, la cour a déclaré en fin de soirée Abdallah Miladi, 35 ans, coupable de vol avec violences sur personne vulnérable – la victime ayant consommé une importante quantité d’ecstasy – mais l’a acquitté du chef de violences ayant entraîné la mort. Le parquet de Bobigny avait requis 18 ans de réclusion criminelle.

«Pour la famille, la déclaration de culpabilité était essentielle mais aucune peine n’aurait été assez lourde pour la perte tragique d’un enfant», a réagi auprès de l’AFP Me Dominique Laurier, avocate de la famille de Maxime Rendu. Dans la nuit du 17 au 18 décembre 2016, l’ingénieur de 23 ans disparaît à la sortie d’un festival de musique organisé dans une halle en bordure du parc de la Villette, dans le XIXe arrondissement de Paris. Deux mois plus tard, en février, son corps est découvert à quelques encablures de là, sur le territoire de la ville de Pantin. En état de décomposition, le cadavre est repêché dans le canal de l’Ourcq, sous les voies du boulevard périphérique.

«À 23 ans, comme à 33 ans, on ne peut pas imaginer qu’on va mourir après une soirée dans Paris», a déclaré mardi après-midi l’avocate générale Alice Dubernet, dans son réquisitoire sur cette «tragique mauvaise rencontre» nocturne.

La nuit même de sa disparition, la carte bancaire de la victime est avalée par un distributeur des environs, après trois mauvais codes lors de tentatives pour retirer 120 euros. Récupérée par les enquêteurs, un ADN présent sur la carte les mène à Abdallah Miladi, un sans-papiers tunisien connu de la justice sous différents alias pour de multiples faits de violence dans le quartier de La Villette – son «terrain de chasse», selon Me Laurier. Interrogé dans la matinée sur les faits, l’accusé, crâne rasé et veste matelassée noire, a de nouveau nié les faits et livré une version confuse de cette nuit dans le parc de la Villette: «Ce mec-là, j’ai rien à voir, j’ai pas poussé» dans le canal, a-t-il soutenu avec hargne.

D’après son récit, mouvant, il a découvert le jeune homme inconscient dans une allée obscure, a marché avec lui jusqu’à un banc sur le canal de l’Ourcq puis est allé retirer de l’argent avec la carte bancaire à la demande de son propriétaire. À son retour, le jeune homme avait disparu. «Non, ce soir-là il ne se balade pas comme un franciscain avec sa bouteille d’eau pour aider les gens bourrés dans le parc de la Villette !», a raillé l’avocate générale, pourfendant un «menteur».

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