Murina, Le Monde après nous, Un talent en or massif… Les films à voir ou à éviter cette semaine

Une adolescente sauvage se libère du joug paternel, un auteur parisien fauché repense son train de vie après avoir rencontré une femme, un acteur endetté infiltre la mafia… Que faut-il voir cette semaine ? Découvrez la sélection cinéma du Figaro.

Murina – À Voir

Drame d’Antoneta Alamat Kusijanovic, 1h36

Elle nage. La mer est son refuge, sa cour de récréation, son jardin secret. Dans cette île de l’Adriatique, Julija vit entre un père irascible, viril et brutal et une mère résignée. Entre les générations le fossé se creuse. La jeune fille rêve d’aller à Harvard, mais son père lui voit un autre avenir. Puis l’arrivée d’un ami richissime du couple vient bouleverser la donne. Avec son sourire italien, Javi traîne tous les cœurs après lui, dont celui de Julija qui considère cet homme comme un moyen d’échapper à son destin. Quant à son père, il essaie de vendre à l’homme d’affaires un terrain pour y construire un complexe hôtelier. Avec son une-pièce blanc et son fusil- harpon, Julija comprend que l’été risque d’être meurtrier. Le premier long métrage de la Croate a obtenu la Caméra d’or à Cannes. Cette récompense n’est que justice. Martin Scorsese, à qui on ne la fait pas, a tout de suite repéré le potentiel de la cinéaste et a produit Murina. E.N

Le Monde après nous – On peut voir

Drame de Louda Ben Salah-Cazanas, 1h25

Le Monde après nous aurait pu s’appeler Les Apprentis. Ou Un Monde sans pitié. Pour son premier long-métrage, Louda Ben Salah-Cazanas a choisi l’autofiction. Labidi, jeune écrivain en devenir incarné par Aurélien Gabrielli, vient d’obtenir un contrat avec une maison d’édition pour la réalisation d’un roman sur fond de guerre d’Algérie. Créchant dans une chambre de bonne à Paris, le jeune auteur peine à écrire puisque son travail de livreur Deliveroo l’accapare. Puis un jour, il tombe amoureux d’Elisa (Louise Chevillotte), avec laquelle il vivra d’amour et de pâtes volées au supermarché dans ce Paris hostile, gris et pluvieux, où gagner de l’argent devient une obsession. Si le réalisateur ne manque pas d’autodérision, on est loin du portrait d’une jeunesse cool et sympa qui n’a jamais existé et existe encore moins depuis le Covid. Un film fauché, comme son héros, mais bien plus riche que nombre de longs-métrages aux finances confortables. E.S

Un talent en or massif – On peut voir

Comédie de Tom Gormican, 1h48

À 58 ans, Nicolas Cage n’a peur de rien. Le héros de Sailor et Lula , Rock et Volte-Face plonge dans ce «meta-film» avec toute l’authenticité dont il est capable. Un talent en or massif est taillé pour lui par le réalisateur Tom Gormican , avec une intrigue qui débute à Hollywood où, en déroute, Nicolas Cage cherche désespérément des rôles d’envergure qu’il n’arrive plus à décrocher. Mais alors qu’il songe mettre un terme à sa carrière, son agent (Neil Patrick Harris) lui propose une apparition à l’anniversaire d’un milliardaire espagnol (Pedro Pascal), aux activités douteuses. Puis la CIA l’intercepte et lui fait jouer les espions, de quoi lui offrir l’occasion de briller à nouveau dans la vraie vie… Malgré une réalisation assez plate, Tom Gormican joue aux osselets avec la carrière du comédien. Célébrer Nicolas Cage, c’est célébrer les mauvaises décisions d’une carrière imparfaite, avec ces nanars, ces fêlures et ses fulgurances. Dommage que l’autodérision s’arrête là où le film aurait pu prendre un peu d’épaisseur. O.D

Ogre – On peut voir

Drame fantastique d’Arnaud Malherbe, 1 h 43

Fuyant un passé douloureux, Chloé (Ana Girardot) s’installe avec son fils de 8 ans dans un village du Morvan. Les habitants accueillent avec joie la nouvelle institutrice, alors qu’une bête mystérieuse dévore le bétail la nuit et qu’un enfant a disparu. Un premier film d’atmosphère très classique, au final décevant, mais dont Ana Girardot ressort grandie. O. D.

Le secret de la cité perdue – À éviter

Aventure d’Aaron et Adam Nee, 1 h 52

Une romancière à succès (Sandra Bullock) est kidnappée par un milliardaire (Daniel Radcliffe) cherchant le trésor perdu d’une cité antique. Le mannequin incarnant son héros sur les couvertures (Channing Tatum) part à sa recherche. On s’attendait à un remake décomplexé d’À la poursuite du diamant vert. On a droit à une comédie poussive et pas drôle, où ne subsistent que les rares apparitions de Brad Pitt. O.D.

Les sans-dents – À éviter

Comédie de Pascal Rabaté, 1 h 25

L’auteur des Petits ruisseaux nous avait habitués à mieux. Se réclamant de la comédie italienne des années 1970 Les Nouveaux Monstres d’Ettore Scola, il orchestre un film muet lorgnant vers Jacques Tati qui met en vedette un clan d’affreux sales et méchants vivant dans une décharge. Des policiers leur cherchent des noises. Le spectateur, lui, passe tout le film les yeux dans la boue, sans une seule réplique poétique à se mettre sous la dent… O. D.

Prenez contact avec nous

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Derniers messages