«Monica Vitti était merveilleusement intelligente»

L’acteur français, qui a fait une grande partie de sa carrière en Italie sous la direction de Visconti, Bolognini et Lattuada, se souvient avec émotion de la muse d’Antonioni avec qui il joua en 1967 dans la comédie Tue-moi vite, j’ai froid.

En 1967 Francesco Maselli, autrefois premier assistant de Michelangelo Antonioni, propose à Jean Sorel de partager l’affiche avec Monica Vitti. Le film Tue-moi vite, j’ai froid (Fai in fretta ad uccidermi… ho freddo!), une comédie italienne dont nos frères transalpins, – Dino Risi en tête -, détiennent le secret racontera l’histoire de deux amants Giovanna et Franco, escrocs dans l’âme, qui vont arnaquer leurs victimes en se faisant passer pour frère et sœur…

Six décennies après l’acteur français n’a rien oublié de sa rencontre «fraternelle» et artistique avec celle qui restera dans l’histoire du septième art comme la plus intellectuelle des saltimbanques romaines. Pour Le Figaro, il a accepté d’évoquer les moments passés avec Monica Vitti lors de ce tournage, qui reste pour lui, mémorable.

LE FIGARO. – Quels souvenirs gardez-vous de Monica Vitti ?

Jean SOREL. – Vous savez comme j’ai vécu longtemps en Italie et réalisé là-bas une grande partie de ma carrière, je connaissais bien Monica. Mais c’est le destin, nous n’avons joué qu’un film ensemble. Ce qui était frappant chez elle, c’était bien sûr sa merveilleuse intelligence. Mais une intelligence rare faite de drôlerie qui lui a permis de briller au cinéma aussi bien dans les films psychologiques de son mari Michelangelo Antonioni que dans ce qu’on appelle aujourd’hui la grande comédie italienne satirique dont Dino Risi est le plus illustre représentant.

Comment travaillait-elle sur un plateau de cinéma ?

Elle prenait son métier d’actrice très au sérieux. Elle était minutieuse, et agissait presque comme un metteur en scène et cela même dans notre film qui était une sorte de polar comique. Il faut dire que Francesco Maselli était l’ancien premier assistant d’Antonioni, ce qui permettait à Monica d’avoir une autorité presque naturelle sur lui.

Monica Vitti était-elle dans la vie comme au cinéma ?

Apparemment dans la vie, elle montrait aussi beaucoup d’assurance. Vous savez, elle possédait ce charme indéfinissable des grandes actrices qui savent qu’elles détiennent un pouvoir de séduction presque magique. Mais tout cela, en y pensant, était le fruit de son travail. Il ne faut jamais oublier qu’elle a arpenté les tréteaux très jeunes en se confrontant à Brecht et à Feydeau. Monica, pour moi, restera le symbole éternel, du grand cinéma italien de l’après-guerre, c’est-à-dire ce mariage étonnant du charme et de l’intelligence.

Tue-moi vite, j’ai froid (Fai in fretta ad uccidermi… ho freddo!), en 1967, de Francesco Maselli, avec Monica Vitti, Jean Sorel…

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