Marcel Pagnol, pionnier du cinéma parlant

Le 7ème art a été très important dans la vie du grand écrivain provençal. Sa déclaration d’amour au cinéma est au cœur d’un Gros plan réalisé en 1960 par Pierre Cardinal que Madelen vous propose de (re)découvrir.

À la fin des années 50, un article sur ses souvenirs d’enfance dans un magazine féminin lui ayant valu un flot de compliments, Marcel Pagnol décide de transformer cette dizaine de feuillets en trois volumes, La gloire de mon père, Le château de ma mère et Le temps des secrets. La vente à plus d’un million d’exemplaires de la première édition de cette trilogie ne manque pas de le surprendre. Il n’imaginait pas que ce récit puisse toucher un aussi large public.

Un jour, un journaliste lui demande s’il compte en réaliser une adaptation cinématographique. La réponse est immédiate et négative. Il n’y croit pas . Yves Robert en 1990 avec La gloire de mon père et Le château de ma mère, ainsi que Christophe Barratier aujourd’hui avec Le temps des secrets ont fort heureusement comblé ce manque.

Le 7ème art a néanmoins été très important dans la vie de Pagnol. Il en a même été l’un des pionniers. Sa déclaration d’amour au cinéma est au cœur d’un Gros plan réalisé en 1960 par Pierre Cardinal que Madelen vous propose de découvrir.

Il raconte ainsi ce soir de 1929, où, à Londres, il a assisté à une projection de Broadway Melody, le premier long métrage musical américain entièrement sonore, réalisé par Harry Beaumont. De retour à Paris, il signe, dans un quotidien, un article où il avoue son enthousiasme pour cette technologie qui «va faire éclater les trois murs de la scène». Ces quelques lignes parues le 17 mai 1930 lui valent un retour de bâton qu’il n’imaginait pas : le petit monde du théâtre s’indigne. On lui demande s’il est devenu fou, on s’interroge sur des propos que certains attribuent à «quelques excès de libations nocturnes». On lui conseille même de quitter une Société des Auteurs avec laquelle, prise de position oblige, il n’a visiblement plus rien à voir.
Ces propos qui peuvent faire sourire aujourd’hui montrent combien les débuts du cinéma, qu’il soit muet ou parlant, ont déclenché fureur et inquiétude chez des auteurs pour qui la scène était alors la seule ressource. Pagnol n’a pas tenu compte de leurs critiques. Il n’y a même pas répondu. Il avait bien d’autres choses à faire !

Dès l’ouverture des studios Pathé à Joinville, il entame des négociations qui se concluent par le tournage, en 1931, d’une adaptation de Marius, réalisée par Alexander Korda. Fort d’un succès public que peu de professionnels prédisaient, Pagnol décide alors d’aller beaucoup plus loin. Son ambition est de passer un jour à la production et à la mise en scène.

Une exposition extraordinaire au «château de ma mère»

C’est dans ce but qu’en 1934, il achète un domaine de 24 hectares, au cœur des collines qui dominent le village de la Treille, cher à son cœur. En 1941, il achète le Château de la Buzine « l’affreux domaine, celui de la peur de ma mère ! », dont il ambitionne de faire une «Cité du Cinéma». La guerre et l’occupation allemande vont briser ce rêve. En 1973, Pagnol a revendu l’ensemble à un promoteur qui a fait construire des villas sur les terrains. Le bâtiment principal, acheté par la ville de Marseille a, fort heureusement, été préservé.

Jusqu’au 5 juin, une exposition inédite y est présentée: Oh Marcel ! La Fabrique du Film. Un hommage à une « lampe magique » dont Pagnol disait: «Elle rallume les génies éteints et rend à notre tendresse, le sourire des amis perdus».

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