le sacre de Valérie Lemercier et Benoît Magimel

La reine des drôleries et le prince polymorphe du cinéma français ont été récompensés vendredi pour leur performance respective dans Aline et De son vivant.

Pour l’un comme pour l’autre, il s’agit de leur premier César décroché pour un rôle principal. Figures familières du cinéma français depuis plus de trente ans, Valérie Lemercier et Benoît Magimel ont respectivement été récompensés, vendredi soir, de la statuette de meilleure actrice et de meilleur acteur pour leur rôle dans Aline et De son vivant . Une consécration pour les deux comédiens longtemps relégués en seconds couteaux mémorables plutôt qu’à des rôles de composition.

«Ce César, c’est comme un gros message groupé que vous m’envoyez, en tout cas c’est comme cela que je le reçois, s’est émue Valérie Lemercier après avoir reçu son prix des mains d’Omar Sy, sur la scène de l’Olympia. J’ai eu pour la première fois la chance d’être très bien entourée, comme jamais». Depuis déjà plus de 30 ans, cette touche-à-tout aux mimiques désopilantes et à la voix perchée, joue, imite, chante, écrit, met en scène, réalise ou encore dessine et danse. Elle qui a placé la drôlerie au cœur de sa panoplie d’artiste multicarte parvient à déclencher les rires jusque dans le vrai faux biopic sur Céline Dion, l’alter ego d’Aline. Mais jamais aux dépens de la star de la chanson, qu’elle adule.

Actuellement de retour sur les planches dans une pièce inédite Les Sœurs Bienaimé, cette grande brune élancée une «Groucho Marx avec des jambes de pub Dim», comme l’a décrite Vanity Fair, a aussi été mannequin, en défilant pour Jean-Paul Gaultier. Tout commence vraiment pour elle avec Lady Palace, la nunuche guindée des jeunes années de Canal+ qui donne des conseils de savoir-vivre à la Nadine de Rothschild. Elle confirme avec Béatrice de Montmirail dans Les Visiteurs, dont les répliques cultes – «Mais, Monsieur Ouille, pas avec votre poncho!» – lui valent, en 1994, son premier César, reçu en qualité de meilleure actrice dans un second rôle. Large succès critique et commercial, Palais Royal! lui offre déjà en 2005 matière à pasticher une icône internationale, en l’occurrence la princesse Diana.

Du petit Momo au grand César

«C’est un immense bonheur ! J’ai 47 ans comme la 47e cérémonie (des César, NDLR.). C’est peut-être un signe», s’est réjoui pour sa part Benoît Magimel. Enfant précoce du cinéma français, l’acteur distingué pour sa performance dans le film d’Emmanuelle Bercot De son vivant a pris l’étoffe d’un grand acteur au prix d’un parcours dense et parfois chaotique. Le petit Momo de 13 ans et tout ébouriffé de La vie est un long fleuve tranquille (1988) n’a plus besoin de gonfler le torse comme il pensait devoir le faire alors pour en imposer: après presque 70 films, un César dans un second rôle pour La tête haute (2016), un prix d’interprétation masculine à Cannes pour La pianiste (2001), ce nouveau prix le consacre définitivement comme une figure du septième art.

Un sommet sur lequel l’a propulsé De son vivant, où l’acteur incarne un quadragénaire condamné par un cancer qui, après une phase de déni, se prépare bravement à la mort. Derrière le maquillage cadavérique de son personnage, Benoît Magimel sonne vrai dans ce mélodrame. «C’est un film qui parle d’un homme qui est condamné, mais c’est surtout un film sur la vie», a-t-il déclaré en recevant son prix sur la scène de l’Olympia.

Star enfant, Benoît Magimel a toujours reconnu la difficulté d’avoir démarré si tôt. Il arrête l’école pour le cinéma à 16 ans et met quelques années à émerger, pour ne vraiment mettre le pied à l’étrier qu’en 1995 avec La Fille Seule de Benoît Jacquot et La Haine de Mathieu Kassovitz. La consécration viendra en 2001, avec La pianiste de Michael Haneke où il incarne un séduisant musicien entre les mains perverses d’Isabelle Huppert. Artisan consciencieux, l’acteur autodidacte a tout joué, les rois, les voyous, les séducteurs, au cours d’une filmographie parfois inégale, des Rivières pourpres 2 à La Possibilité d’une île, de Michel Houellebecq. Avec Valérie Lemercier, il peut savourer le chemin parcouru.

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