Le Jésus de L’amour c’est mieux que la vie est né dans les Ateliers de Claude Lelouch

INTERVIEW – L’acteur Xavier Inbona, qui joue le Christ dans le 50e film de Claude Lelouch, raconte comment il a perfectionné sa maîtrise du septième art dans les Ateliers de cinéma à Beaune fondés par le réalisateur.

Dans L’amour c’est mieux que la vie , le 50e film de Claude Lelouch, Xavier Inbona incarne un Jésus aussi bienveillant que très XXIe siècle, qui essaie de déjouer les manigances d’une diablesse plus vraie que nature campée par Béatrice Dalle.

Ce «débutant» de 45 ans n’a pas suivi les sentiers battus pour devenir l’un des acteurs préférés du réalisateur d’Un homme et une femme. Math Sup, math Spé, un MBA, celui qui, un temps, se serait vu ingénieur a très vite fait volte-face en étudiant l’art du théâtre sous la férule de Jean-Laurent Cochet. Et puis en 2016, après quelques pérégrinations dans le cinéma, il a trouvé sa voie en postulant aux Ateliers de Cinéma Claude Lelouch. Une chance, un impondérable vertueux comme aime à le dire son mentor, puisque six ans plus tard, il est en haut de l’affiche aux côtés de Gérard Darmon et Sandrine Bonnaire.

Pour Le Figaro Xavier Inbona, raconte son apprentissage à Beaune et nous dit pourquoi avec Claude Lelouch, l’aventure sera toujours l’aventure.

LE FIGARO. – Comment avez-vous découvert les Ateliers Claude Lelouch ?

Xavier INBONA. – En 2013, je suis allé déposer mon book de comédien aux Films 13, la fameuse adresse cinématographique de Claude Lelouch. Ce n’était pas tout à fait un hasard parce que depuis mon enfance, l’un de mes films préférés est La Belle Histoire que Claude a tourné en 1992. Pour l’anecdote, il se trouve que parmi les photos de mon book, il y en avait une où j’incarnais Jésus… Mais tout ça restera lettre morte, personne ne songera alors à me contacter. Mais en 2016, on me parle des Ateliers de Beaune. L’idée me séduit bien que je pense être trop vieux, – j’ai 40 ans -, pour l’intégrer. On me dit que non et qu’il suffit pour postuler d’envoyer un court métrage tourné avec un portable. Le jury donne un thème, par exemple «le crime parfait» ou «le dernier jour d’une histoire d’amour». Après, alea jacta est, les Ateliers et bien sûr Claude choisissent les heureux élus, c’est-à-dire les apprentis de cette école très libre.

Quelles sont les qualités requises pour pouvoir suivre l’apprentissage des Ateliers ?

Vous savez, Claude Lelouch croit au destin et entretient une sorte de superstition positive avec son chiffre porte-bonheur, le 13. Dans un premier temps, comme il est lui-même un autodidacte, il donne sa chance à un maximum de cinéastes en herbe. Je crois que chaque année 500 films courts lui sont envoyés. Avec ses assistants il en retient d’abord 26, 2×13… Puis il en garde 13 finalement. Pourquoi, comment, sélectionne-t-il ceux-là ? C’est son intuition. Les apprentis ont de 15 à 65 ans, ils viennent du monde du cinéma et d’autres milieux. L’esprit des Ateliers de Beaune ressemble à celui des ateliers d’artistes de la Renaissance. Avec Lelouch, on touche à toutes les techniques du cinéma : l’écriture, le cadrage, l’éclairage, la musique, le montage, la mise en scène, la postproduction…

À titre personnel, sur quoi avez-vous travaillé à Beaune ?

Là-bas en Bourgogne, tout est concret. On est dans une vraie fabrique de films. Je me suis frotté au métier de machino, – je suis le plus mauvais du monde ! -, de preneur de son, de régisseur et de même de «rushman», l’homme qui a la lourde responsabilité de porter les rushes en fin de journée au laboratoire.

Et puis, vous avez aussi travaillé sur les films de Lelouch…

Oui, c’est un privilège insigne. J’ai joué un poseur de bombe dans La Vertu des impondérables. Je me suis transformé en homme à tout faire sur le tournage des Plus Belles Années d’une vie, ça, c’est la partie émergée de l’iceberg. Mais j’ai travaillé aussi sur un documentaire dédié au bicentenaire de la Caisse d’Épargne. Sur ce projet, en plus d’être comédien, j’ai composé la musique. Et d’ailleurs je pense que c’est à ce moment que Claude m’a repéré, parce qu’il est très sensible depuis Un homme et une femme à la mise en opéra de son œuvre. Sa grande amitié avec Francis Lai en est la plus grande preuve.

Après avoir travaillé aux Ateliers, joué Jésus dans L’amour c’est mieux que la vie , comment définiriez-vous le cinéma de Lelouch ?

Claude croit au miracle de l’impromptu, aux «petits parfums de vérité» que capte souvent sa caméra. Je vais vous livrer un de ses secrets. Pendant les scènes, il lui arrive d’interpeller le comédien en lui disant : «Là, tu joues !» Le cinéma de Lelouch marie la minutie du cadreur avec le lâcher-prise de l’acteur. Tout le génie de Claude réside là.

L’amour c’est mieux que la vie de Claude Lelouch, en 2022, avec Gérard Darmon, Sandrine Bonnaire, Béatrice Dalle, Xavier Inbona…

Prenez contact avec nous

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Derniers messages