Le collectif occupant le cinéma La Clef à Paris expulsé ; le repreneur jette l’éponge

Depuis 2019, les membres de Home Cinéma s’opposent à la Caisse d’épargne, propriétaire des lieux, sur le devenir de cette salle du 5e arrondissement.

Depuis le début de février, la menace d’une expulsion des militants du collectif Home Cinéma du cinéma d’Art et d’Essai situé dans le 5e arrondissement de Paris, se faisait de plus en plus forte. Mardi matin, à 6 h, les forces de police sont intervenues pour les déloger de la salle qu’ils occupaient depuis 2019.

Sur le site internet intitulé La Clef Revival, Home Cinéma a aussitôt publié un message visant à alerter les soutiens de l’association afin qu’ils viennent manifester leur désapprobation sur place: «Expulsion en cours – rejoignez la mobilisation. Aujourd’hui, à 6h20, la police est entrée dans les locaux du cinéma La Clef et a expulsé le collectif occupant. De nombreuses personnes montrent leur soutien devant le lieu, rejoignez-nous au niveau du métro Censier-Daubenton.»

Une posture idéologique

La Clef est au cœur d’une bataille à l’origine entre les anciens salariés du cinéma, rejoints par des militants de gauche, et le propriétaire des lieux, le comité d’entreprise de la Caisse d’épargne Ile-de-France. Ouverte en 1990 à l’initiative de l’acteur et réalisateur bénino-togolais Sanvi Panou, spécialisée dans le cinéma du monde, La Clef avait fermé ses portes en 2018 avant d’être occupé par le collectif. Par l’entremise de la Ville de Paris et de la mairie du 5e arrondissement, un projet de reprise par le Groupe SOS, spécialisé dans les domaines de l’emploi, des seniors, de la jeunesse et de la culture avait été échafaudé. Sans convaincre les militants. «Dès les premiers échanges avec le collectif Home cinéma, le Groupe SOS avait proposé au collectif la totale indépendance de sa direction artistique et de sa programmation : le collectif l’a refusé», témoignait il y a quelques mois, le groupe dirigé par Jean-Marc Borello. Après plusieurs décisions de justice, le tribunal administratif «a enjoint à l’État de délivrer le concours de la force publique» pour faire cesser l’occupation du cinéma, selon le ministère de la Culture, qui assurait suivre avec attention ce dossier. Selon Le Parisien, les repreneurs expliquent aujourd’hui qu’ils ne renouvelleront pas leur promesse d’achat.

Soutenu par des dizaines de personnalités de la culture et du cinéma, de Mathieu Amalric à Annie Ernaux en passant par Jonathan Cohen et Agnès Jaoui, le collectif refusait de rendre les clés des lieux, estimant n’avoir «aucune garantie juridique» sur la poursuite de l’activité du cinéma, et dénonçant une reprise «par un groupe milliardaire dont les pratiques néolibérales minent peu à peu le milieu associatif».

Prenez contact avec nous

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Derniers messages