Aristocrats, Sonic 2, Morbius… Les films à voir ou à éviter cette semaine

Une fresque sur le patriarcat japonais, la seconde irruption à l’écran du plus sonique des hérissons, les aventures d’un vampire 2.0… Que faut-il voir cette semaine ? Découvrez la sélection cinéma du Figaro.

Freaks Out – A voir

Drame fantastique de Gabriele Mainetti, 2h21

Quel cirque! C’est le cas de le dire. Sur la piste, se récapitulent d’étranges créatures. Il y a un nain magnétique et masturbateur, un loup-garou toujours plongé dans un livre et un albinos dompteur d’insectes (une exception: les abeilles). Notre préférence va à la fille électrique, qui allume des ampoules rien qu’en les glissant entre ses lèvres. Cette économie d’énergie n’était pas le principal souci des Romains en 1943. L’Italie était occupée. Ces distractions étaient les bienvenues pour les habitants. On en redemande. Ces 145 minutes ont l’air d’en durer trente. Les Américains ont du souci à avoir. Le spectacle n’est plus de leur côté. Tremble, Hollywood, Mainetti est à tes basques. E.N.

Icare – A voir

Film d’animation de Carlo Vogele, 1h16

Comment raconter à nouveau le mythe d’Icare sans tomber dans la tragédie d’un garçon qui vola trop près du soleil à s’en brûler les ailes? C’est le pari réussi du réalisateur luxembourgeois Carlo Vogele. Sans rien déflorer de l’intrigue, on est assez impressionné par la manière dont il apporte une touche de modernité à ce récit millénaire, transformant la tragédie du destin funeste d’Icare en une histoire d’amitié d’une grande douceur, traversé de fulgurances poétiques. Enfants et parents en sortiront charmés. C’est à n’en pas douter la marque d’un grand talent. O.D.

Sonic 2 – A voir

Film d’aventures de Jeff Fowler, 2h02

Chouchou des enfants, le hérisson bleu céruléen Sonic, du jeu vidéo créé par Sega en 1991, s’est taillé une place de choix en 2020. Sonic 2 fait revenir l’infâme Dr Robotnik (Jim Carrey) et entrer deux nouveaux arrivants : Tails et Knuckles. Survitaminé, joyeux, attendrissant, ce divertissement ne manque pas… de piquant. O.D.

Morbius – On peut voir

Film fantastique de Daniel Espinosa, 1h45

Morbius n’est pas exactement un modèle de joie de vivre, loin des super-héros pop et pétillants comme ont su en imaginer les artistes de la «Maison des idées». C’est d’ailleurs ce qui caractérise l’adaptation ténébreuse signée Daniel Espinosa (Life) conçue sous l’égide de Sony et non de Disney. On marche ici sur les traces de Bram Stoker, avec quelques allusions à Nosferatu , ou même à Blade, autre personnage vampirique issu de l’écurie Marvel adapté en 1998 avec Wesley Snipes. Assez habilement, le film respire le romantisme discret, en misant sur la noirceur attirante du personnage, ainsi qu’à un sous-texte érotique… assez insolite chez Marvel. O.D.

En corps – On peut voir

Comédie dramatique de Cédric Klapisch

Avec En corps, Klapisch, continue de courir après sa jeunesse perdue. Il le fait en dansant, avec des pointes ou pieds nus. Les quinze premières minutes se passent de dialogue, comme un livre d’images beau et cruel. Élise, danseuse classique de 26 ans, se blesse en pleine représentation de La Bayadère , après avoir aperçu son amoureux flirter avec une autre en coulisses. Le cœur brisé et la cheville en vrac, on lui annonce qu’elle ne pourra plus danser. Klapisch n’a pas de style mais il a un ton. Il a l’air sympa. Ses films lui ressemblent. C’est son atout et aussi sa limite, ou l’inverse. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, aurait dit Jean Yanne, acteur génial et pas sympa du tout. Tout le monde est drôle aussi. É.S.

Aristocrats – On peut voir

Drame de Yukiko Sode, 2h05

À 27 ans, Hanako est toujours célibataire. Une anomalie pour sa riche famille. Quand elle croit avoir trouvé un mari, elle s’aperçoit qu’il fréquente déjà une hôtesse, une provinciale venue étudier à Tokyo. La réalisatrice Yukiko Sode adapte un roman de Mariko Yamauchi pour peindre la domination masculine dans la société japonaise. Intention louable, mais sa mise en scène manque de nerf. É.S.

Retour à Reims (Fragments) – On peut voir

Film documentaire de Jean-Gabriel Périot, 1h23

Jean-Gabriel Périot transpose l’autobiographie du sociologue Didier Eribon. Plus que pour le texte jargonnant dit par Adèle Haenel («polarité structurante», «violence discursive»), le film vaut pour les extraits de reportages et de fictions qui illustrent la condition ouvrière. En particulier celle des femmes, victimes de leur sexe en plus de leur classe sociale. É.S.

Cyrano – On peut voir

Comédie musicale de Joe Wright, 2h04

Capable du meilleur (Orgueils et préjugés, Les Heures sombres) comme du pire (Pan, La Femme à la fenêtre), Joe Wright signe une version comédie musicale de Cyrano de Bergerac. Si les chansons de The National tiennent la route, Peter Dinklage peine à convaincre en Cyrano. La production n’a pas jugé utile d’affubler la star de Game of Thrones d’un pif protubérant. Remplacer le long nez par un nain, c’est un peu court. A.H.

Le Monde d’hier – A éviter

Drame de Diastème, 1h29

Que trois jours. C’est un peu court. Comment contrer l’extrême droite soixante-seize heures avant les élections de dimanche? La présidente en est toute retournée. Si l’idiot qu’elle avait choisi pour lui succéder n’était pas allé se mettre dans une affaire embarrassante qu’un site russe est sur le point de divulguer ! Il ne manquait plus que ça. Pourquoi Poutine n’envahit-il pas l’Ukraine, pendant qu’il y est ? Un étrange déjà-vu s’empare assez vite du spectateur, lassé par la menace d’une internationale fasciste. Vieille rengaine. Peut-être que ce Monde d’hier restera dans l’histoire pour avoir réussi l’exploit de rendre Denis Podalydès ridicule pour la première fois de sa carrière. On serait lui, on détruirait la séquence où il fond en larmes devant sa supérieure de toutes les copies en circulation. E.N.

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