BMW, sur la route de l’hydrogène

ACTUALITÉ – De retour d’une mission froide, un prototype de développement de la BMW X5 à pile à combustible s’est arrêté à Paris pour une brève rencontre.

Cela change tout. Si la voiture à hydrogène appartient à la catégorie des véhicules électriques, elle n’a pas besoin de se recharger. Faire le plein d’hydrogène ne demande pas plus de temps qu’avec un modèle à moteur thermique. À peine quatre minutes lorsque il faut parfois patienter plusieurs heures pour recharger des batteries. Dans le cadre de la transition écologique, certains constructeurs, les Asiatiques en tête, considèrent ainsi que le véhicule à pile à combustible alimentée à l’hydrogène représente une piste à ne pas négliger. À condition que l’hydrogène soit produit à partir d’énergies renouvelables. Hyundai et Toyota ont même déjà pris les devants, commercialisant sur le marché européen respectivement le Nexo et la Mirai.

La chaîne de traction du iX5 Hydrogen. BMW

Côté constructeurs européens, depuis près de dix ans, BMW coopère avec Toyota pour développer cette technologie. À Munich, elle a abouti à la production de démonstrateurs sur la base du X5. Ces véhicules viennent de mener une campagne de tests au Cercle Arctique. Sur le chemin du retour à leur base bavaroise, l’un d’entre eux s’est arrêté à Paris où nous avons pu effectuer quelques kilomètres à son bord, en compagnie du D. Jürgen Guldner, en charge du programme hydrogène chez BMW.

Tom Kirkpatrick/Tom Kirkpatrick/BMW AG

En tout point identique à un X5 classique, à l’exception de prises d’air plus échancrées dans le bouclier, d’une calandre plus verticale et de décors bleus empruntés à la famille BMW i, le iX5 Hydrogen ne rejette que de la vapeur d’eau. À la différence de la Série 7 Hydrogène de 2007 qui reposait sur un V12 à double carburation essence – hydrogène liquide, la technologie actuelle s’est ralliée à la pile à combustible alimentée à l’hydrogène, au profit du rendement et des émissions locales. Ce vecteur d’énergie est stocké à 700 bars dans deux réservoirs en plastique renforcé en fibres de carbone placés sous le plancher et affichant un volume de 6 kilos. Le plus grand réservoir est implanté longitudinalement; le second est sous la banquette arrière, en position transversale. En combinant la puissance de la pile (170 ch) et du moteur électrique de cinquième génération identique à celui de la BMW iX et installé sur l’essieu arrière ainsi que l’apport de la batterie, la puissance cumulée transitoire du iX5 ressort à 374 chevaux. Pour mémoire, un X5 hybride rechargeable xDrive45e affiche une puissance de 394 chevaux grâce à la combinaison d’un six-cylindres en ligne 3 litres essence de 286 ch et d’un moteur électrique de 113 ch.

Tom Kirkpatrick/Tom Kirkpatrick/BMW AG

Une autonomie de 500 km

À bord du iX5, les sensations et les performances sont semblables à celles d’un véhicule électrique à batterie. La transmission ne compte qu’un rapport avec réducteur et la régénération peut être modulée sur plusieurs niveaux. L’ingénieur Guldner annonce une autonomie d’au moins 500 km. Le véhicule est proche d’obtenir son visa pour une production en petite série. «Nous allons produire une flotte d’une cinquantaine de iX5 Hydrogen d’ici la fin de l’année. Ces véhicules vont servir de test grandeur nature mais aussi à promouvoir cette technologie auprès des leaders d’opinion et des instances européennes», explique D. Guldner. En 2025, BMW devrait lancer sur le marché des véhicules dotés de cette technologie.

BMW

Dans le cadre de du paquet de 12 propositions législatives «Fit for 55», la Commission européenne prévoit le déploiement de stations de ravitaillement en hydrogène. Selon le règlement «AFIR» (Alternative Fuels Infrastructure Regulation), il est prévu d’installer des stations tous les 150 kilomètres maximum, le long des principaux axes routiers de tous les pays membres de l’Union européenne. BMW estime ce projet insuffisant pour encourager le développement de l’hydrogène et milite pour réduire ces intervalles à 100 km d’ici 2027. La guerre en Ukraine a rappelé que la transition écologique ne pourra pas reposer uniquement sur le véhicule électrique à batterie. On sait d’ores et déjà que, dans les années à venir, la production d’électricité sera insuffisante pour subvenir à tous les besoins et que le prix de cette énergie va augmenter pour se rapprocher de celui des énergies fossiles. Dans ce contexte, le véhicule à hydrogène représente un complément à ne pas mésestimer. Il a toute sa place dans la décarbonation du transport routier.

Tom Kirkpatrick/Tom Kirkpatrick/BMW AG

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