BMW 220i Active Tourer, le monospace devient un luxe

ESSAI – Alors que tous les constructeurs désertent le segment, le constructeur allemand veut montrer que ce genre familial a encore un avenir avec une nouvelle génération entièrement renouvelée.

Le monde à l’envers. Introduit par les constructeurs généralistes qui en avaient fait l’une de leur spécialité, le monospace compact est devenu le domaine réservé des marques spécialistes. Face à la baisse de ses ventes, plus aucun constructeur ne prend le risque de renouveler ce genre familial, à l’exception de BMW et de Mercedes. Celui de la marque bavaroise va pointer le bout de son capot dans quelques semaines.

Tom Kirkpatrick

La Série 2 Active Tourer repose sur une nouvelle plateforme qui permet d’intégrer les nouvelles technologies de connectivité et d’électrification. On retrouve des formes monovolumes que l’on connaît bien et qui ont séduit 405 000 clients, en majorité européens. Le changement de génération s’accompagne de l’adoption des derniers codes esthétiques: flancs lisses, calandre bombée et évasée, noire ou chromée selon les versions, et poupe inspirée de la Mercedes Classe B avec ses feux amincis. Ce nouveau monospace en profite pour s’allonger de 32 mm, s’élargir de 24 mm et se rehausser de 21 mm. Cela n’a pas d’incidence sur le Cx aérodynamique qui affiche une valeur correcte de 0,26.

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La révolution sourde à l’ouverture des portes qui peuvent être déverrouillées via son smartphone. L’ambiance intérieure s’inspire de celle du crossover électrique iX. La casquette d’instrumentation typique des modèles munichois cède sa place à une large tablette incurvée composée d’un écran d’affichage personnalisable de 10,25 pouces et d’un écran d’infodivertissement de 10,7 pouces. Comme sur tous les modèles de la marque, les compteurs sont remplacés par un affichage numérique prenant la forme de deux demi-octogones. La lecture était meilleure avec l’ancien système. De même, naviguer dans l’écran multimédia était plus simple avant avec un accès direct aux différentes fonctions. Désormais, on dispose d’une double navigation, en faisant défiler les principaux menus horizontalement par simple balayage d’un doigt sur l’écran. L’autre, verticale, donne accès à l’intégralité des menus.

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Du iX, on retrouve aussi le bloc central surélevé et indépendant du tableau de bord. Il regroupe un espace de rangement fermé ainsi que les commandes de la boîte de vitesses à double embrayage à 7 rapports, des modes de conduite et du réglage du niveau sonore de la radio et de la musique. À la différence des autres modèles, l’affichage tête haute intégré au Pack Innovation (+ 3 300 €) n’est pas projeté sur le pare-brise mais sur une lame translucide, similaire à celle qui équipait l’ancienne Peugeot 3008. La navigation avec réalité augmentée est disponible mais elle s’affiche sur l’écran central et oblige donc à quitter la route des yeux.

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Le confort d’assise a été revu avec des sièges au maintien latéral et lombaires renforcé et pouvant s’enrichir de la fonction massage en option. De l’ancienne génération, ce monospace a conservé la banquette arrière 40/20/40, les sièges coulissants, sauf pour les versions hybrides rechargeables, sur une amplitude de 130 mm et les dossiers de sièges inclinables. Reste que la place centrale étroite ne peut être que de dépannage: un comble pour un véhicule à vocation familiale. L’augmentation de la longueur profite principalement à la capacité du coffre qui s’étend, dans le meilleur des cas, de 470 à 1 455 litres, banquette arrière escamotée. Avec la fonction Cargo qui relève à la verticale le dossier des sièges, l’Active Tourer gagne 90 litres. Une façon de compenser la non-reconduction de la version 7 places Gran Tourer.

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Côté motorisations, le monospace ne réduit pas vraiment son train de vie. Le respect des prochaines normes de dépollution et la réduction de la consommation ont imposé une refonte complète des blocs. BMW propose toujours une 218d pour les gros rouleurs. Son 4-cylindres de 150 ch revendique une consommation de 4,8 l/100 km (125 g/km de CO). La gamme essence s’articule uniquement autour du 3-cylindres 1,5 litre du groupe allemand: 218i de 136 ch et 220i de 170 ch que nous avons essayée. Il n’y a pas de petites économies. Son système d’hybridation légère 48 V reposant sur une machine électrique de 19 ch et 55 Nm de couple intégrée à la boîte automatique à double embrayage à 7 rapports et une batterie de 1 kWh économise 0,3 l/100 km et abaisse les émissions de CO de 7 g/km (133 g/km) par rapport à la 218i. La consommation en baisse mais les performances en hausse justifient un écart de prix de 2 400 euros. Le 3-cylindres 1,5 l électrifié, qui fonctionne désormais selon le cycle Miller, est également le dénominateur commun des deux versions hybrides rechargeables de 245 et 326 ch lancées à l’été prochain.

Tom Kirkpatrick

Position de conduite surbaissée, jante de volant M épaisse, équilibre rassurant: on n’a pas l’impression de conduire un monospace. C’est si vrai qu’en mode Sport, la réponse moteur s’avère un peu trop nerveuse. À chaque accélération, l’appoint du moteur électrique se fait sentir, contribuant à faciliter les dépassements. Le système est vraiment intelligent: la batterie se recharge à chaque décélération et freinage. Le bouton «My Modes» sur la console centrale permet même de gérer la récupération en s’appuyant notamment sur le trafic. De manière autonome, la voiture régule sa vitesse sur le véhicule qui précède. Comme souvent sur un véhicule électrifié, le freinage n’est pas facile à doser, la pédale se signalant par des variations d’assistance dues au système de régénération. Toute à sa volonté de soigner le dynamisme, la Série 2 Active Tourer voit son confort dégradé avec la suspension SelectDrive (+ 700 €).

Sur le papier, le monospace Série 2 Active Tourer est condamné à évoluer dans une voie étroite, entre la berline, le break et le SUV. Dans la réalité, les automobilistes qui refusent de s’afficher au volant d’un SUV pourraient être séduits par ce véhicule qui offre les mêmes prestations – une grande fonctionnalité et une assise surélevée – dans une robe plus discrète. Ils ne seront pas déçus tant ce nouveau modèle embarque le dernier cri des technologies du constructeur.

Fiche technique

Moteurs: 3-cylindres, 1 499 cm3, 156 ch, 240 Nm + 1 moteur électrique de 19 ch

Transmission: traction, boîte auto. à double embrayage à 7 rapports

Dimensions (L x l x h): 4 386 x 1 824 x 1 576 mm

Coffre: 415 litres

Poids: 1 520 kg

Performances (0 à 100 km/h): 8,1 secondes

Vitesse: 221 km/h

Consommation: 5,9 l/100 km

Emissions CO2: 133 g/km

Prix: à partir de 36 600 €

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