Bizzarrini 5300 GT, la renaissance d’une icône

ACTUALITÉ – Relancée par le groupe Pegasus, la marque italienne va produire 24 répliques de sa mythique berlinette née en 1963.

La pratique commence à se propager. Après Jaguar et Aston Martin qui ont commercialisé des reproductions de modèles phares de leur histoire, c’est au tour de Bizzarrini, qui vient d’être relancée par le groupe Pegasus, d’oser la fabrication d’une série de vingt-quatre répliques de sa légendaire berlinette 5300 GT née en 1963 pour barrer la route des GT Ferrari sur les circuits du monde entier. Son histoire est digne d’un roman.

Bizzarrini

Le père de la 5300 GT est Giotto Bizzarrini. L’ingénieur italien est aussi le père de la fameuse Ferrari 250 GTO. À la suite d’une dispute avec Enzo Ferrari, il quitte Maranello à la fin de l’année 1961 avec le directeur technique Carlo Chiti. Romolo Tavoni, le directeur sportif, Girolamo Gardini, le directeur commercial, Federico Giberti, le responsable de la production, Ermanno Della Casa en charge de l’administration, Fausto Giberti, responsable de la fonderie, sont également limogés. Il s’est toujours dit que la révocation d’une grande partie des responsables de Ferrari résultait de l’ingérence de Laura Ferrari, la femme d’Enzo, dans les affaires de l’écurie de course. Chiti et Bizzarrini se retrouvent chez le comte Volpi qui engage des voitures de course, principalement des Ferrari, sous la barrière de la Scuderia Serenissima. En guise de représailles à la révolte de palais de ses hommes, Ferrari refuse de livrer la GTO que le comte a commandée pour son écurie. C’est ainsi que Bizzarrini développe le Breadvan à partir de la 250 GT Passo Corto de la Scuderia Serenissima. Ce n’est que le premier étage d’une fusée qui va donner naissance à la marque ATS (Automobili Turismo et Sport). Profitant des travaux menés chez Ferrari, Chiti et Bizzarrini développent ATS sur deux fronts: la conception d’une GT à moteur central arrière et l’entrée en F1. L’entreprise bénéficie du financement de Giovanni Volpi di Misurata, le riche comte, propriétaire de la Scuderia Serenissima Republica di Venezia, mais aussi de Jaime Ortiz Patino, héritier d’une grande famille bolivienne, et de Giorgio Billi, le roi du nylon italien.

Bizzarrini sur le circuit de Modène. Klemantaski Collection/Getty Images

À la suite d’un désaccord avec Chiti, Bizzarrini quitte finalement ATS et se met à son compte. Il conçoit notamment le premier 12 cylindres Lamborghini puis se rapproche de l’industriel italien Renzo Rivolta qui a fait fortune avec la fabrication de réfrigérateurs et qui vient de se lancer dans l’automobile avec la marque Iso. Après l’Isetta, Rivolta s’appuie sur l’expérience de Bizzarrini pour développer une voiture de sport. C’est ainsi qu’au salon de Turin 1963, le constructeur dévoile une impressionnante berlinette baptisée Iso Grifo A3. Portant la signature du styliste Giorgietto Giugiaro alors en poste chez Bertone, l’Iso Grifo se décline en version L (Luxe) ou C (Compétition). La voiture de course en aluminium rivetée est réalisée par la «Carrozzeria Sports Cars» de Piero Drogo. Sous le capot prend place en position centrale avant un V8 Chevrolet de plus de 5 litres de cylindrée. Ce n’est pas très noble mais la GT est bien née. Bizzarrini a gommé les défauts de la GTO qu’il connaît mieux que personne.

Bizzarrini

Aux 24 Heures du Mans 1965, l’usine engage une A3/C pour Régis Fraissinet et Jean de Mortemart. Elle termine 9e au général et remporte sa catégorie. A l’usine, ce résultat n’est pas de nature à réchauffer l’ambiance vraiment glaciale entre Rivolta et Bizzarrini. Ils se séparent à l’été 1965 et Bizzarrini continue à produire sa berlinette sous son nom. Devenue 5300 GT, la GT italienne prend part à l’édition 1966 du Mans. Un original spyder P538 l’accompagne. La construction de la 5300 GT est confiée à la Carrozzeria BBM à Modène. C’est cette splendide berlinette que les nouveaux propriétaires de Bizzarrini ont décidé de faire revivre. Le groupe Pegasus, au même titre que le groupe Alroumi est dirigé par l’Émirien Rezam Mohammad Alroumi. Autour de lui, il a réuni une équipe d’anciens cadres d’Aston Martin, D. Ulrich Bez, Christopher Sheppard et Jannette Green.

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La série Revival Corsa 24/65 est en tout point identique à la 5300 GT châssis 0222 qui a remporté sa catégorie dans la Sarthe en 1965. Pour produire cette série de berlinette, Bizzarrini s’est appuyé sur les archives du constructeur comptant près de 1 000 plans et dessins techniques. Chaque châssis est produit à la main. La carrosserie en composite (fibre de verre ou fibre de carbone) repose sur un cadre tubulaire en acier respectant la structure originelle. La voiture a été conçue pour répondre aux spécifications de l’annexe K de la FIA.

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C’est ainsi que l’habitacle adopte des baquets modernes, un arceau de sécurité et un extincteur. La suspension arrière indépendante a bénéficié de modifications, au même titre que les freins à disques. La berlinette est toujours propulsée par un V8 mais sa cylindrée est désormais de 5,3 litres. Associée à des carburateurs Weber 45 DCOE, la Revival 24/65 délivre entre 400 et 480 chevaux. L’artisan-constructeur annonce un poids de 1 250 kilos. À la demande, Bizzarrini pourra configurer des exemplaires pour un usage routier.

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