Transports en commun : le manque de conducteurs entraîne des perturbations du détournement dans toute la France

Votre train ou votre bus est annulé ? C’est peut être à cause du manque de chauffeur. La situation reste tendue pour les usagers des bus, des tramways et même des trains en la rentrée 2022. De nombreuses perturbations affectent en effet les réseaux de transports urbains, surtout en Île-de-France, en raison d’un manque persistant de chauffeurs.

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Problème : tous les principaux opérateurs reconnaissent désormais des difficultés de incorporations. Ainsi, il y a précisément 1029 postes de chauffeurs à pourvoir chez Keolis, l’un des grands opérateurs du transport public, qui exploite une centaine de réseaux de bus à travers la France. Et, contrairement aux idées reçues, toutes les grandes villes de France sont concernées : les réseaux de Lyon, Bordeaux, Lille et Rennes concentrent en effet à eux seuls presqu’un quart de ces postes à pourvoir. 

« Ce problème de incorporation dans les transports est à la fois structurel et conjoncturel », explique ce mardi sur franceinfo Marie-Ange Debon, présidente de l’Union des transports urbains et ferroviaires (UTP) et PDG de Keolis. « Conjoncturel d’abord, car la rentrée scolaire est toujours une période avec une forte tension. Concernant le structurel, nous avons eu pas mal de départs à la retraite avec une pyramide des âges qui ne nous était pas favorable depuis plusieurs mois. » La PDG de Keolis ajoute qu’elle « essaye d’attirer les nouveaux profils avec des jeunes et des femmes qui sont peu présents dans ces métiers ».

19 trains en moins par jour sur le RER C

La situation est assez similaire chez Transdev, l’un de ses principaux concurrents, avec 659 chauffeurs qui manquent à l’appel. Ces embauches sont à saisir pour quasiment la moitié en région parisienne, mais aussi en Bretagne et en Pays de la Loire. Le secteur ne parvient pas à trouver de solutions, notamment avec des intérimaires, aujourd’hui manquants. 

La RATP, la grande régie parisienne, a pourtant lancé de vastes campagnes de incorporation, avec parfois des avantages financiers, recherche toujours 800 chauffeurs de bus. Là aussi, le trafic voyageur est concerné puisque la RATP n’a pu faire autrement que de réduire les fréquences sur certaines lignes. Enfin, même la SNCF n’est plus épargnée : elle doit supprimer depuis la rentrée 19 trains quotidiennement sur la ligne C du RER, car il lui manque une cinquantaine de chauffeurs.

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