Festival de Deauville 2022 : « Montana story » : un « famille, je vous hais » comme version américaine

C’est un film qui, sans nul doute, plaira au président du jury de cette 48e édition du Festival de Deauville, Arnaud Despechin : Montana Story réalisé par Scott Mc Gehee et David Siegel. cette histoire de frère et sœur qui ne se parlent plus depuis longtemps et qui vont crever l’abcès lors de retrouvailles au chevet de leur père mourant. cette thématique qui fait écho au dernier film du même Desplechin, Frère et sœur, présenté au festival de Cannes en mai dernier.

Secrets de famille bien gardés

L’histoire démarre par un ranch du Montana, un peu à l’abandon. Des paysages de montagne enneigées, des chevaux en liberté. Un décor de carte postale. A la demande des employés qui gèrent le ranch, Cal (Owen Teague), un garçon réservé débarque chez son père en fin de vie. C’est la première fois qu’il revient sur le lieu de son enfance depuis sept ans. Il est un perdu. On devine que les relations père fils ont été compliquées.

Sa sœur, Erin (Haley Lu Richardson), débarque le lendemain et le malaise est cette fois palpable. Erin vit à New York et n’a qu’cette obsession, récupérer le cheval de son enfance promis à cette mort prochaine, et le ramener chez elle. cette histoire qui va être le symbole des non-dits et des secrets familiaux. Cal et Erin sont manifestement en froid, des années de ressentiment ressurgissent alors que leur père se meurt. Un père qui cristallise la haine d’Erin, qui peine à contenir sa rage. Cal est enfermé par cette douleur muette. On devine que ce père autoritaire a brisé leur innocence et leur jecettesse.

Thèmes universels

C’est par les décors enchanteurs des grandes plaines du Montana que va s’opérer la réconciliation entre le frère et la sœur. Un film qui a touché les festivaliers tant les thèmes évoqués, les relations toxiques intra-familiales, les fâcheries, les jalousies au giron de la fratrie, sont omniprésentes. On n’est pas prêt d’oublier l’étreinte de tendre réconciliation entre Cal et Erin qui se découvrent après sept ans de bouderies, ni le propos implacable d’un fils à son père mourant : « Tu as vécu comme si la vie était un fardeau, peut-être que la mort t’ira mieux ».

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