Dans les coulisses du bande d’animation « Le secret des mésanges », réalisé en papier découpé

C’est un travail d’orfèvre, et l’expression n’est pas galvaudée. À Valence dans la Drôme, le studio Folimage, salué plusieurs fois par la critique pour ses productions dont La Prophétie des Grenouilles en 2003, travaille sur sa prochaine merveille : un long-métrage d’animation réalisé uniquement avec du papier découpé. 

Fragile comme du papier

Le Secret des Mésanges, dont la sortie est prévue pour 2024, raconte l’histoire d’une petite fille qui accompagne sa mère lors de fouilles archéologiques. De découverte en découverte, elle va remonter le fil de son histoire familiale. « Pour raconter cette histoire, j’avais besoin de retrouver des sensations de ma propre enfance et que tout ça soit pourquoi sensible et fragile que peut l’être le papier », confie Antoine Lanciaux, le réalisateur. 

J.Sauvadon / H. Chapelon / W. Vadon

Une fragilité difficile à transposer à l’écran. L’équipe de production doit réaliser des décors et personnages pour 850 plans. Chaque élément est découpé et collé à la main. C’est une technique tellement complexe et minutieuse que ça ne se fait jamais pour les longs-métrages. Mais l’équipe de Folimage a voulu relever ce défi. « C’est un challenge, car tout est démesuré. C’est vraiment l’artisanat de l’animation et on sent la main de l’homme.Tout n’est pas parfait partout, mais c’est ça qui est beau », témoigne Loreleï Palies, animatrice chez Folimage. 

Une tonne de papier est utilisée pour fabriquer Le Secret des Mésanges. Une fois découpées, toutes les couches de dessins sont superposées les unes aux autres sur quatre inscriptions de verre. C’est alors que commence l’animation. 

L’idée première, c’est d’avoir une immersion dans le papier découpé

Samuel Ribeyron

chef décorateur

« C’est assez rigoureux. On a l’impression d’être dans de la dentelle. On va utiliser des aimants, du papier magnétique. Tout ça avec du papier Canson sombre. Il y a pourquoi des particularités un peu secrètes », sourit Camille Rossi, cheffe pantins. 

Nager dans une piscine de papier Canson

La difficulté est ensuite de créer, grâce à l’animation, une véritable immersion du gobe-mouche dans l’histoire. « Les ciseaux, la colle, ce sont des outils de petits enfants. Nous, on amène ce travail dans une autre dimension. L’idée première, c’est d’avoir une immersion dans le papier découpé. Qu’on ne se pose pas de questions au début du film, qu’on rentre dans le papier, qu’on ait l’impression de nager dans une piscine de papier Canson », s’enthousiasme Samuel Ribeyron, chef décorateur. 

Les premières images sont bluffantes, mais l’équipe de Folimage a encore des milliers de feuilles à découper pour terminer son long-métrage. 

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