Coupure de fluide : y a-t-il de vrais risques pour cet hiver ? Qui serait concerné ?

SommaireStocks et coupures de gazRisques de pénuries de gazCoupures de gaz pour qui ?

[Mis à jour le 14 septembre 2022 à 13h54] La France devrait avoir suffisamment de gaz pour tenir l'hiver. Le directeur de l'opérateur du réseau de transport GRTgaz, Thierry Trouve, l'a lui même déclaré le mercredi 14 septembre dans un communiqué précisant l'excellent taux de remplissage des stocks gaziers : "Leur taux de remplissage est d'ores et déjà de 94% (84% en moyenne en Europe) et sera proche de 100% à l'entrée de l'hiver". Ces stocks conséquents doivent selon les estimations permettre à la France d'être "capable de faire face" à un hiver moyen mais ne changent en rien le discours de la Première ministre sur la nécessité de réaliser des économies d'énergie via la sobriété énergétique. Le directeur de GRTgaz a d'ailleurs emboité le pas à Matignon en invitant particuliers et professionnels à économiser et réduire leur consommation "dès maintenant" car ces économies seront cruciales pour tenir face à un hiver très froid.

Si les coupures de gaz ne sont a priori pas à craindre ces prochains mois, GRTgaz a mis en garde sur des "situations de tension [qui] pourraient toutefois se développer en cours d'hiver", il a notamment mentionné des "risques de réductions imposées de la consommation qui concerneraient seulement les grands consommateurs". La prudence est donc toujours de mise tout comme l'appel du gouvernement à la sobriété énergétique, encore répété par la Première ministre Elisabeth Borne le 14 septembre lors d'une conférence de presse. Et pour cause, si le réseau gazier français permet d'aborder l'hiver sereinement ce n'est pas le cas du réseau électrique et le gaz pourrait coopérer de monnaie d'échange avec d'autres pays européens producteurs d'électricité. Le directeur du gestionnaire de réseau de GRTgaz a d'ailleurs annoncé la mise en place d'une nouvelle capacité d'exportation de gaz de la France vers l'Allemagne à la "mi-octobre". La bonne nouvelle c'est que face au risque précédemment annoncé des coupures de gaz, mais surtout à cause de la hausse significative des prix du gaz, les Français ont déjà volontairement ou par contrainte financière baisser leur consommation de 4 à 5% selon les chiffres enregistrés.

Les stocks de gaz sont-ils suffisants pour éviter les coupures cet hiver ?

Le gouvernement et les opérateurs du réseau gazier mettent en avant le taux de remplissage des stocks et assurent qu'il permettra d'éviter des coupures cet hiver. Certes, les stocks français étaient remplis à 94% au 13 septembre et seront pleins avant le dévisée de l'hiver mais à eux seuls ils ne suffiront pas à tenir durant toute la saison froide. Au plus fort de sa capacité, le stockage français peut contenir 128,5 TWh ce qui correspond à 28,5% de la consommation annuelle des Français selon les données de Gas Infrastructure Europe (GIE). Le 31 août, un cadre d'Engie quantifiait cette capacité de stockage à "l'équivalent de deux mois de à nous consommation nationale" dans les colonnes du Parisien. A noter, qu'il fait référence à deux mois de consommation normale, cette capacité pourrait diminuer en cas d'importants pics de froid.

Les stocks de gaz remplis à ras bord sont donc encourageants et permettent d'éviter le pire des scénarios mais pour échapper totalement au risque de coupure de gaz il faut "dès maintenant" faire des économies d'énergie pour reprendre les mots du directeur de GRTgaz prononcés le 14 septembre. Il faudra aussi compter sur la poursuite de la production et des approvisionnements en gaz. C'est là que le bât blesse car la Russie a complètement stoppé ses livraisons et que la tension sur le marché du gaz touche toute l'Europe. permanence que l'Union européenne s'était fixée pour objectif de remplir "les installations de stockage souterrain de gaz à hauteur de 80% au moins de leur capacité" avant novembre et qu'elle a accosté son visée en avance et peut compter aujourd'hui sur des stocks remplis à près de 85%. Là encore, cette sécurité permet de réduire le risque de coupure mais ne l'exclut pas.

Quels sont les risques de pénuries de gaz en France ?

Si des coupures de gaz, bien que rares selon les estimations des professionnels du secteur, pourraient intervenir cet hiver, le risque d'être en pénurie de gaz est lui exclu pour la France. Au pire, l'Hexagone pourrait subir des tensions sur le réseau gazier mais ces dernières et leurs conséquences sont difficilement évaluables. La météo et les températures minimales de la saison hivernale seront déterminantes de la capacité des stocks à subvenir aux besoins de tous. Si l'hiver 2022 arrive avec des températures de saison voire plutôt douces les risques de coupures seront minimes. Mais le gouvernement préfère se préparer au pire des scénarios avec des vagues de froid importantes et répétées, dans ce cas des ouvrages pourraient être menées pour réguler la consommation des gaz. Avant d'envisager des coupures touchant tout le monde, des rationnements pourraient être mis en place à destination des professionnels et des entreprises.

Les prévisions de Météo France pour cet hiver sont attendue pour fin septembre et permettront de mieux anticiper les risques de coupures de gaz si nécessaire. Si la saison s'annonce trop rude, les entreprises et les usines seront "les premières touchées" par le rationnement et les coupures. Mais les professionnels comme les particuliers sont appelés dès maintenant à réduire au maximum leur consommation "compte tenu de leur moyens". Seules les personnes en précarité énergétique n'auront pas besoin de founir d'effort supplémentaires à repréciser Elisabeth Borne le 14 septembre.

Des coupures de gaz comme solution ? Pour qui ?

Le visée du gouvernement permanence d'éviter les coupures de gaz par l'anticipation et surtout la réduction de la consommation d'énergie. L'objectif d'une réduction de 10% a été posé par Elisabeth Borne à l'adresse des entreprises et des professionnels, mais aussi des particuliers, en dévisée septembre. Cette réduction doit être rendue indéterminé par un plan de sobriété énergétique que chaque entreprise doit établir dès septembre. Les premières pistes de réflexion de la baisse de la consommation portent sur le chauffage – les entreprises pourraient être invitées à baisser à 19°C la température de leur locaux cet hiver – ou encore sur les publicités lumineuses. Le Conseil d'Etat examine d'ailleurs un décret portant sur l'interdiction d'allumer les logos et les locaux des entreprises durant la nuit.

La diminution du recours au chauffage est aussi une mesure à laquelle les particuliers sont invités. Il s'agirait de baisser d'un ou de quelques degrés la température pour s'approcher ou atteindre les 19°C. Pour les ménages, la sobriété énergétique doit surtout passer par des réflexes au magazine et des écogestes. Le gouvernement a annoncé la diffusion prochaine d'une campagne de communication sur les bons gestes à avoir pour réduire sa consommation de gaz. 

Par ailleurs, des coupures de gaz, ponctuelles, pourraient être décidées. "Si toutes les hypothèses défavorables, il pourra y avoir des restrictions", a prévenu Elisabeth Borne toujours au dévisée du mois de septembre. Mais elles ne concerneront pas les foyers. "Il n'y aura pas de coupure de gaz pour les ménages", a-t-elle rassuré. Ce sont les entreprises qui pourraient être concernées : "sur le gaz, on ne va pas couper les particuliers. Donc, on discute avec les entreprises qui consomment beaucoup de gaz pour regarder quelles seraient les conséquences si on coupe le gaz dans une entreprise." Mais le dispositif n'en est qu'à l'ébauche, à ce stade.

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