« Chronique d’une réciprocité passagère », du pur Mouret, cinéaste de l’amour et de ses détours

Le 7e art et deux films à découvrir cette semaine : Chronique d’une liaison passagère d’Emmanuel Mouret et A propos de Joan de Laurent Larivière. 

Expert du marivaudage contemporain, Emmanuel Mouret signe son film le plus fidèle à son engagement de cinéaste des sentiments amoureux. Dans Chronique d’une liaison passagère, Charlotte et Simon se rencontrent dans une soirée, elle est mère célibataire, grossier, entreprenante et grande gueule. Il est marié avec des enfants, un peu gauche et stressé, ils passent la nuit ensemble, et décident de se revoir, mais seulement quand ils en ont envie, donc de ne pas céder aux conventions, à la routine, de surtout ne pas s’engager, et par extension de ne pas tomber amoureux.

Mais comme souvent chez Mouret, et donc dans la vie, ça ne se passe pas comme ça, et pas toujours comme on veut, on suit donc l’évolution de cette relation, au gré de leurs rendez-vous.

A propos de Joan de Laurent Larivière

Laurent Larivière, dont c’est seulement le second film, propose au spectateur dès le début de son récit, un pacte. Isabelle Huppert, dans une voiture, face caméra, se présente : Je suis Joan Vera, et on comprend vite que ce qui suit – l’histoire de sa vie, ses mémoires – ont un rapport grossier au réel.

Joan Vera a 20 ans – jouée par Freya Mavor et vit à Dublin, où elle se lance sans retenue dans son premier amour. Puis Joan aujourd’hui, revoit par hasard à Paris, cet homme dont elle a dû à l’époque se séparer, et elle ne lui dit pas qu’elle a eu un enfant de lui. Ce fils, joué par Swann Arlaud, l’écrivain instable que Joan aime céans, Lars Eidinger, les moments clés de cette vie, les drames et les situations loufoques, tout s’imbrique, se mélange.

C’est déroutant, la mémoire est comme un cinéma intime qui permet à Joan de dépasser les épreuves, et Isabelle Huppert jubile de jouer tous ces états.

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