le récit de l’envoyée spéciale du Figaro

REPORTAGE – Avant d’abandonner la banlieue de Kiev, les troupes russes ont assassiné et brûlé des civils qui fuyaient. Ils ont aussi dissimulé des pièges dans les cadavres.

Envoyée spéciale à Irpin

Un homme et une femme ont rejoint le prêtre dans le cimetière dévasté. Ils n’indiquent pas leurs noms, jettent à peine un regard ailleurs que dans la brume. Mais livrent cette histoire: «Notre ami est resté vingt jours, mort, dans la forêt tout près», commence la femme. Autour de son bras, elle porte le ruban bleu de la Défense territoriale, ce contingent civil qui assiste l’armée ukrainienne. «En 2014, il avait déjà pris les armes pour combattre les Russes, dans la région séparatiste du Donbass. Il avait été blessé à la jambe et a failli se faire ampute», tient-elle à témoigner, comme pour lui rendre hommage. «Voilà seulement deux ans qu’il avait repris une vie normale: il remarchait, s’était marié. Puis la guerre a éclaté. Il est reparti se battre. Il est mort le 8 mars.»

Jusqu’à ce 2 avril, les militaires ukrainiens avaient refusé de récupérer son corps: avant de se retirer de la périphérie de Kiev, les Russes ont laissé derrière eux des pièges sur les cadavres…

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