Zoë Kravitz écartée du casting de The Dark Knight Rises pour sa couleur de peau «trop urbaine»

Alors qu’elle triomphe actuellement dans The Batman, la comédienne de trente-trois ans dénonce le sort réservé «aux actrices de couleur» dans l’industrie du cinéma. Elle en veut pour preuve son audition pour le film de Christopher Nolan, sorti en 2012, pour lequel elle n’a pas été retenue.

Alors que Zoë Kravitz incarne actuellement Catwoman pour le film The Batman de Matt Reaves, elle a fait une révélation concernant une audition à laquelle elle s’est présentée pour le thriller à succès The Dark Night Rises , réalisé par Christopher Nolan en 2012. Selon elle, le rôle lui a échappé en raison de sa couleur de peau, la production jugeant l’actrice «trop urbaine» pour interpréter le personnage de Selina Kyle, finalement attribué à l’actrice Anne Hathaway.

«Je ne sais pas si cela venait directement de Christopher Nolan», affirme l’actrice de 33 ans à The Guardian , soucieuse de ne pas entacher la réputation du réalisateur. «Je pense que c’était probablement un directeur de casting quelconque ou un assistant», a-t-elle poursuivi, faisant part de sa peine. «Entendre dire que je ne pouvais pas jouer ce rôle à cause de ma couleur de peau a été très difficile. Le mot « urbain » a été lancé comme ça. C’était très violent», a confié l’ancienne actrice de la série Big Little Lies, réalisée par Jean-Marc Vallée avec Nicole Kidman, Laura Dern, Shailene Woodley et Meryl Streep. Durant ce tournage, d’ailleurs, l’actrice a trouvé son rôle particulièrement «complexe» à jouer, puisque selon elle, il «a été écrit pour une personne blanche».

Cette prise de parole dans les colonnes du Guardian lui a valu de nombreux retours sur les réseaux sociaux. Au point qu’elle a souhaité préciser sa pensée. «Je n’ai pas raconté cette histoire afin de pointer du doigt qui que ce soit ou de traiter Chris Nolan ou le producteur du film ou n’importe quel membre de l’équipe du film de raciste, car je suis persuadée que personne ne voulait mal faire. J’ai seulement voulu donner un exemple de ce que c’est qu’être une actrice de couleur dans cette industrie à notre époque», a-t-elle écrit.

Bien que l’actrice apparaisse sûre d’elle à l’écran, elle n’a jamais été véritablement «à l’aise avec ses origines», notamment durant son adolescence. «Je me sentais vraiment mal à l’aise avec mes cheveux. Je les défrisais, j’y mettais des produits chimiques, j’épilais finement mes sourcils», raconte celle qui a grandi entre Los Angeles et Miami. «Mes parents ne m’ont jamais mis en garde. Ils étaient plus concentrés à s’assurer que, malgré ma couleur de peau, je puisse jouer, m’habiller et faire tout ce que je voulais», a-t-elle expliqué à propos de ses parents, l’actrice Lisa Bonet et le musicien Lenny Kravitz, qui pour elle «brisaient les frontières à bien des égards». Puis elle ajoute : «Il m’a fallu beaucoup de temps non seulement pour accepter ma peau noire, mais aussi pour l’aimer et en être fière.»

Cette année, l’actrice a décidé pour la première fois de passer derrière la caméra. Accompagnée du réalisateur E.T. Feigenbaum, pour lequel elle a joué dans la série High Fidelity (2020), elle œuvre actuellement sur son long-métrage Pussy Island, inspiré des affaires autour de MeToo. «J’adore écrire et monter, mais jouer me stresse souvent car j’ai l’impression d’être là pour servir le réalisateur», explique-t-elle. Avant de conclure : «Derrière la caméra, je peux tout faire.»

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