Marina Ovsiannikova, la journaliste protestataire russe, refuse la proposition d’asile d’Emmanuel Macron

Lundi, Marina Ovsiannikova a brandi une pancarte pendant un journal télévisé, dénonçant la «propagande» des médias contrôlés par le Kremlin.

La journaliste russe Marina Ovsiannikova, devenue une égérie antiguerre après son irruption pendant un journal télévisé pro-Kremlin pour dénoncer l’offensive en Ukraine, a refusé l’offre d’asile du président français Emmanuel Macron car elle ne «veut pas quitter» son pays.

«Je ne veux pas quitter notre pays. Je suis patriote, mon fils l’est encore plus. Nous ne voulons en aucun cas partir, nous ne voulons aller nulle part», a-t-elle déclaré dans une interview au magazine allemand Der Spiegel diffusée mercredi 16 mars au soir. Emmanuel Macron s’était dit prêt mardi à offrir «une protection consulaire» à Marina Ovsiannikova, soit à l’ambassade, soit en lui accordant l’asile.

Cette femme de 43 ans s’est illustrée en faisant irruption en direct lundi soir pendant le journal télévisé le plus regardé de Russie, sur la chaîne Pervy Kanal, où elle est productrice, avec une pancarte critiquant l’opération militaire de Moscou en Ukraine et dénonçant la «propagande» des médias contrôlés par le pouvoir.

«C’est une guerre contre un peuple frère ! Aucune personne saine d’esprit ne peut l’accepter», explique la jeune femme née à Odessa, en Ukraine, d’un père ukrainien et d’une mère russe. La journaliste assure que son coup d’éclat «était avant tout une action pacifiste : il est dans l’intérêt de la Russie et du monde de mettre fin le plus rapidement possible à cette guerre».

«Je voulais montrer que les Russes aussi sont contre cette guerre, ce que beaucoup de gens en Occident ne comprennent pas. La majorité des gens intelligents et éduqués ici s’opposent à cette guerre», soutient-elle.

Après avoir été arrêtée, elle a été condamnée dans la foulée à une simple amende et laissée libre pour la diffusion d’une vidéo antiguerre sur les réseaux sociaux. Elle risque cependant toujours des poursuites pénales passibles de lourdes peines de prison, aux termes d’une récente loi réprimant toute «fausse information» sur l’armée russe.

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