des milliers de manifestants affluent à Corte en soutien à Yvan Colonna, agressé en prison

D’après un comptage de la préfecture une heure après le début de la manifestation, 4200 personnes défilaient, contre 15.000 selon les organisateurs.

Des milliers de personnes affluaient ce dimanche 6 mars à Corte (Haute-Corse) pour une manifestation en soutien à Yvan Colonna, militant indépendantiste corse condamné pour l’assassinat du préfet Erignac, victime d’une agression en prison qui l’a laissé dans le coma, a constaté une journaliste de l’AFP.

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D’après un comptage de la préfecture une heure après le début de la manifestation, 4200 personnes défilaient à Corte, 15.000 selon les organisateurs, avec des drapeaux corses, des banderoles «Gloire à toi Yvan», «État français assassin». Dans le cortège, Alain Saladini, 72 ans, a témoigné: «Je suis venu aujourd’hui pour que justice soit faite par rapport à l’État qui est responsable de ce qui est arrivé. Je suis là à l’appel d’un parti politique, je suis nationaliste mais c’est aussi une démarche citoyenne».

«Une démarche citoyenne, pas politique»

Une «démarche» partagée par Valentine Sart, 21 ans, étudiante à Corte: «J’habite en Corse donc je pense que c’est normal d’être là aujourd’hui. C’est en soutien à Yvan, c’est une démarche citoyenne, pas politique».

La manifestation de dimanche a été initiée par des syndicats étudiants nationalistes, rejoints par l’ensemble des partis nationalistes de l’île, des syndicats et des associations de défense des prisonniers corses. La Ligue des droits de l’Homme de Corse a aussi annoncé participer à la manifestation, après un appel de la famille Colonna à manifester «au-delà des cercles nationalistes».

Dès le lendemain de l’agression, qui s’est produite à la maison centrale d’Arles (Bouches-du-Rhône) mercredi, des rassemblements et des actions de solidarité ont eu lieu sur l’île, sur fond d’interrogations sur les conditions de l’attaque de M. Colonna, qui réclamait de longue date son rapprochement dans une prison corse.

Le mot d’ordre ces derniers jours était en langue corse «État français assassin». Samedi et dimanche matin, un autre appel à manifester a été relayé en langue corse sur les réseaux sociaux, particulièrement par les élus nationalistes: «Justice et vérité pour Yvan».

«Les multiples dysfonctionnements administratifs»

S’attendant à une grande mobilisation dimanche, les autorités ont envoyé en renfort trois forces mobiles.

Le parquet national antiterroriste a annoncé dimanche qu’il allait requérir la mise en examen de l’agresseur d’Yvan Colonna présenté comme un «djihadiste», qualifiant son crime de «terroriste».

Le pronostic vital du militant indépendantiste corse, qui se trouve depuis dans le coma, est à cette heure «toujours engagé», selon le Pnat. Sur Twitter, la sœur d’Yvan Colonna a réagi : «Piste djihadiste? Avant toute enquête sérieuse et sur la seule foi des déclarations d’un mis en examen?».

Dans une déclaration transmise à l’AFP par son avocat, Me Patrice Spinosi, la famille d’Yvan Colonna a réclamé que «l’enquête mette en lumière les multiples dysfonctionnements administratifs qui ont conduit à ce drame».

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