Mort de Monica Vitti, muse de l’âge d’or du cinéma italien

DISPARITION – Égérie d’Antonioni, l’actrice incarna l’héroïne d’un courant intellectuel dans les années 1960. Avant de faire les délices de la comédie. Cette blonde à la photogénie saisissante s’est éteinte mercredi à l’âge de 90 ans.

En un sens, c’était presque déloyal. Monica Vitti était une Italienne blonde. En face, ses concurrentes avaient du mal à se distinguer, perdues sous leur cascade de cheveux noirs. Cette blondeur n’était pas vénitienne. Maria Luisa Cenciarelli était née à Rome le 3 novembre 1931. Enfant, elle était timide. On l’avait affublée du surnom de la petite fille aux sept jupons. Sa vocation n’a pas traîné.

À 15 ans, elle monte sur les planches, s’inscrit à l’Académie Nationale d’art dramatique, incarne une femme de 40 ans à laquelle on annonce la mort de son fils. Sinon, elle se spécialise dans les tragiques grecs, Beckett, Ionesco. En 1955, elle obtient son premier rôle au cinéma dans une comédie. Son physique détonne. Un réalisateur lui demande de changer son nez. Un autre lui adresse ce compliment : «Je cherche une bonne comédienne, laide et sympathique, vous êtes parfaite.» En 1956, elle double la voix de l’Anglaise Dorian Gray dans Le Cri. Son destin bascule. Les voies de la post-synchronisation…

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