le président italien Sergio Mattarella réélu

Cette élection va permettre d’assurer la stabilité du tandem Mattarella-Draghi qui gère depuis un an le redressement du pays.

Rome

Le président italien Sergio Mattarella, a été réélu samedi au terme d’un marathon parlementaire qui a mis au jour les profondes divisions entre les partis au gouvernement dans une période charnière pour la reprise post-Covid. À 80 ans, le président, dont le mandat se terminait le 3 février, s’engage dans un second septennat avec 759 voix sur 983 votes exprimés, ce qui en fait le deuxième chef d’État le mieux élu, députés et responsables régionaux appelés à voter.

Cette élection va permettre d’assurer la stabilité du tandem Mattarella-Draghi qui depuis un an gère le redressement de l’Italie. Et ce après les folles journées où, de coups de théâtre en retournements spectaculaires qui ont grillé une bonne dizaine de candidats putatifs par le jeu des vétos croisés, toute la classe politique italienne, de droite et de gauche, est sortie totalement épuisée et éclatée, et sans plus de stratégie pour sortir de la paralysie.

De fait, les six premiers jours de scrutin se sont déroulés dans une confusion totale, due à une hyper fragmentation du parlement élu en 2018 où aucun parti, ni même aucune alliance, n’a la majorité. Un parlement où les partis eux-mêmes se sont divisés sur le candidat à choisir, en particulier sur la candidature de Mario Draghi, et ne sont plus parvenus à tenir leurs grands électeurs. Et alors que tout le monde s’attendait à ce que Mario Draghi soit élu haut la main dans les premiers tours, sa candidature, qui n’a été présentée par personne, suscitait plus de rejet que d’enthousiasme chez les parlementaires qui craignaient plus que tout une dissolution anticipée du parlement en cas d’élection du président du conseil. Aussi l’élection, attendue depuis des mois mais qui n’avait été préparée par personne, a-t-elle vite tourné au congrès politique, où chacun, à droite comme à gauche, a tenté de faire valoir son leadership sur son camp.

Tragi-comédie

Le cinquième jour de scrutin a notamment tourné à la tragi-comédie, quand le leader de la Ligue Matteo Salvini a voulu passer en force en présentant la candidature de la présidente du Sénat, Elisabetta Casellati, sans avoir les voix. Une manière de compter ses forces qui a surtout révélé que la droite était beaucoup plus faible que ce qu’elle revendiquait. Et qui l’a contrainte à entrer en négociation avec les partis du centre gauche, PD et mouvement Cinq étoiles. Ils ont tenté de se mettre d’accord sur un nom, mais le choix de la chef du renseignement, Elisabetta Belloni, a suscité l’ire de Forza Italia et de Matteo Renzi. Il n’aura fallu qu’une heure pour griller cette dernière proposition, et faire exploser toutes les alliances politiques.

En réaction à ces folles journées, un phénomène s’est peu à peu imposé parallèlement. Alors qu’à chaque scrutin, les consignes de votes des leaders de partis oscillaient entre vote blanc et abstention, de plus en plus de grands électeurs du centre gauche se sont mis spontanément à voter Sergio Mattarella. Et de 16 voix au premier vote, le président sortant a recueilli 125 voix au troisième, puis 166 au quatrième, 336 au sixième, et 387 ce matin. Cette vague venue des grands électeurs fut comme un appel massif à l’égard du président de la République.

La situation était si bloquée que ce samedi matin, au sixième jour, les partis ont sondé auprès de Mario Draghi la disponibilité du chef de l’État à être réélu, et Mario Draghi a assuré la médiation. Depuis des mois, le président de la République, âgé de 80 ans, avait toujours défendu qu’il était contre un nouveau mandat de sept ans. Mais comme pour Giorgio Napolitano en 2013, devant la situation de crise, le sens du devoir aura in fine prévalu.

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