situation toujours tendue au dernier jour de la visite de Lecornu

Des barrages ont été érigés, et un centre de traitement postal situé dans un quartier de Fort-de-France, en Martinique, a été vandalisé.

Tentative d’incendie d’une mairie en Guadeloupe, barrages routiers en Martinique et à Saint-Martin: la situation était toujours tendue mardi 30 novembre dans les Antilles françaises, au dernier jour de la visite du ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu.

Arrivé lundi soir en Martinique, deuxième et dernière étape d’un court séjour destiné à apaiser les tensions et sortir de la crise sociale traversée par les deux îles des Antilles françaises, le ministre devait rencontrer à la préfecture une délégation de 20 syndicalistes et les élus locaux, après que des discussions similaires la veille en Guadeloupe ont tourné court. À Pointe-à-Pitre, le ministre avait jugé qu’aucune discussion n’était possible tant que les syndicats ne condamnaient pas les «tentatives d’assassinat contre des policiers et des gendarmes».

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En Martinique, l’entourage du ministre faisait valoir son optimisme, fort de l’«accord de méthode» signé au préalable avec l’intersyndicale et qui ouvre des discussions sur sept thématiques (santé, jeunesse, vie chère dont prix des carburants et du gaz, transports, chlordéconomie, pêche, culture). «La situation n’est pas la même en Martinique qu’en Guadeloupe», a fait valoir la délégation ministérielle. «En Martinique, les syndicats ont condamné les violences et le président de la collectivité (Serge Letchimy) a un plan, une vision.»

Barrages et voitures brûlées

Avant la réunion, environ 120 personnes s’étaient rassemblées devant la préfecture, après une nuit relativement calme sur l’île. Des barrages ont toutefois été érigés, notamment sur l’autoroute, coupant l’île en deux, et un centre de traitement postal situé dans un quartier de Fort-de-France a été vandalisé, a indiqué La Poste, qui déplore la détérioration d’une partie des colis.

Une journaliste de l’AFP a constaté la présence de voitures brûlées et retournées sur un barrage au rond-point de Mahault, sur la commune du Lamentin, avec une dizaine de personnes présentes sur place. «On n’attend rien du ministre. Il n’a pas écouté les Guadeloupéens, il ne va pas écouter les Martiniquais», a expliqué une manifestante qui a refusé de donner son nom. «La population n’a eu que du mépris de la part de l’État. Ils veulent nous faire passer pour des sauvages», a-t-elle ajouté.

En Martinique comme en Guadeloupe, le mouvement, né du refus de l’obligation vaccinale pour soignants et pompiers, s’est étendu à des revendications politiques et sociales, notamment contre la vie chère, et a occasionné des violences, pillages et incendies. Les deux îles sont placées sous couvre-feu.

Reprise des blocages à Saint-Martin

En Guadeloupe, la mairie de Basse-Terre, dont le maire avait rencontré des manifestants la veille sur un barrage, a été la cible d’un début d’incendie, rapidement maîtrisé. «Des barrages dressés dans la nuit, notamment à Rivière-des-Pères, ont été levés ce matin par les forces de gendarmerie», a indiqué la préfecture dont les forces tentaient de débloquer d’autres barrages.

Un journaliste de l’AFP a toutefois constaté que l’accès à Mare Gaillard sur Grande-Terre, entre Le Gosier et Saint-François, était à nouveau complètement bloqué par un barrage hermétique alors qu’il était dégagé depuis plusieurs jours. Et à Baie-Mahault, les forces de l’ordre présentes en nombre sécurisaient la vaste zone commerciale de Jarry, au lendemain de l’annonce par Sébastien Lecornu de l’envoi d’un escadron de 70 gendarmes mobiles et 10 membres du GIGN supplémentaires.

À Saint-Martin, autre territoire français des Antilles confronté depuis quelques semaines à un mouvement social, des barrages perturbaient de nouveau la circulation mardi après trois semaines d’accalmie. Les gendarmes sont intervenus très tôt contre «un groupe d’une trentaine d’individus qui montaient des barricades dans Marigot», selon les forces de l’ordre qui ont fait l’objet de tirs d’artifice.

«La grande majorité des Guadeloupéens ne soutiennent pas (les) casseurs»

À Paris, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a réaffirmé la position du gouvernement consistant à refuser de «débattre avec des personnes» refusant de condamner les violences contre les forces de l’ordre. «La grande majorité des Guadeloupéens ne soutiennent pas ce mouvement de contestation de casseurs», a-t-il estimé à l’Assemblée, soulignant le bilan du gouvernement qui «a mis fin à la difficulté de l’approvisionnement de l’eau en Guadeloupe» ou encore «versé 1,5 milliard d’euros» pour lutter contre le Covid sur l’île.

Au même moment, la préfecture de Guadeloupe annonçait la révision mensuelle des prix des carburants et du gaz, l’un des objets du mouvement social: super sans plomb en hausse de deux centimes par litre, gazole en baisse de deux centimes, prix maximum d’une bouteille de gaz en baisse de 1,26 euro. La préfecture de Martinique avait annoncé des évolutions identiques lundi.

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