Macron en appelle à l’Europe, droite et RN dénoncent les «passeurs», la gauche appelle à un meilleur accueil

La classe politique a vivement réagi après la mort d’au moins 31 migrants au large de Calais.

C’est une actualité dramatique qui secoue bon nombre de responsables politiques. Et qui agitera bien des débats à moins de cinq mois de l’élection présidentielle. Mercredi, 31 migrants ont été découverts au large de la ville de Calais (Pas-de-Calais), selon un communiqué de l’Élysée. «La France ne laissera pas la Manche devenir un cimetière», a répliqué Emmanuel Macron.

Dans ce contexte, le président de la République demande un «renforcement immédiat des moyens de l’agence Frontex aux frontières extérieures» ainsi qu’une «une réunion d’urgence des ministres européens concernés par le défi migratoire.» Face à cette nouvelle donne, le chef de l’État l’affirme: «Tout sera mis en œuvre pour retrouver et condamner les responsables».

Les passeurs au centre des critiques

En pleine campagne pour le Congrès LR qui doit désigner son candidat à l’élection présidentielle, la droite est rapidement montée au créneau. «Profonde émotion et colère après le naufrage d’une embarcation à Calais. Pour mettre un terme à ces drames, il faut encore renforcer les moyens pour briser les réseaux de passeurs, ces criminels qui exploitent la misère», a écrit le président de la région concernée, les Hauts-de-France, Xavier Bertrand.

Sa concurrente francilienne Valérie Pécresse partage sa «vive émotion» et appelle à ce que les passeurs soient «implacablement poursuivis et sanctionnés». Parmi les candidats à l’investiture LR, c’est Éric Ciotti, très ancré à droite et ferme sur les questions migratoires, qui se montre le plus virulent. «La France et l’Europe n’ont pas les moyens d’intégrer cette immigration massive irrégulière, il faut la stopper. Dire le contraire c’est risquer des vies. Notre devoir est de dissuader et d’arrêter clairement ces flux», alerte l’élu du Sud.

Une position très critique partagée au RN. C’est la candidate du parti qui a pris la parole en début de soirée. «À chaque fois qu’on assiste à des drames comme cela, on est horrifié par la situation. Le laxisme migratoire entraîne des drames (…). et la faiblesse coupable à l’égard des réseaux de passeurs entraîne des drames», s’est offusquée Marine Le Pen sur BFMTV.

Du côté de la gauche, on dénonce la conséquence du non-accueil des migrants. «Ce nouveau naufrage est une tragédie, mes pensées vont aux victimes. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Il est temps de faire preuve d’humanité à nos frontières», lance Anne Hidalgo, candidate PS à l’élection présidentielle et maire de Paris. Jean-Luc Mélenchon demande, quant à lui, «un accès sûr en Angleterre. La France n’est ni garde frontière ni geôlière au service du Royaume-Uni.» Sans proposer de solutions pour venir à bout du problème, le leader EELV Yannick Jadot apporte simplement «tout (son) soutien aux proches des victimes, aux rescapés du naufrage, aux marins de la Marine nationale.»

Le premier ministre Jean Castex, tiendra demain une réunion interministérielle avec plusieurs membres du gouvernement. Dès mercredi, le ministre de l’Intérieur s’était rendu sur place pour «saluer le travail des sauveteurs, des gendarmes, des policiers, du personnel hospitalier et de l’ensemble des agents de l’État qui font face ce soir à ce terrible drame.»

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