la joggeuse «a menti», annonce le procureur de Laval

Entendue ce vendredi, «la jeune fille a indiqué avoir menti, ne pas avoir été enlevée et s’être rendue à Sablé-sur-Sarthe à pied», a déclaré le procureur Céline Maigné.

Rebondissement dans l’affaire de la joggeuse «enlevée» en Mayenne puis réapparue le 8 novembre dernier à Sablé-sur-Sarthe (Sarthe). Le procureur de la République de Laval Céline Maigné a annoncé ce vendredi après-midi que la victime a avoué avoir inventé son histoire.» LIRE AUSSI –  Perplexité autour de la joggeuse de 17 ans retrouvée à Sablé-sur-Sarthe

«La première version de la jeune joggeuse fait le récit d’un enlèvement par deux jeunes hommes la frappant et l’emportant dans une camionnette verte dans une maison d’où elle serait parvenue à s’enfuir en frappant l’un d’eux, resté seul», indique d’abord le communiqué de presse du procureur. Entendue ce jour par les enquêteurs, ainsi que deux officiers de police judiciaire dont une victimologue, «la jeune fille a indiqué avoir menti, ne pas avoir été enlevée et s’être rendue à Sablé-sur-Sarthe à pied», annonce le communiqué. «Selon elle, les blessures sont d’origine accidentelle. Elle aurait notamment découpé son tee-shirt avec une paire de ciseaux», poursuit le parquet. La jeune femme serait «désolée d’avoir causé une mobilisation importante».

Près de 200 militaires mobilisés

Le père de l’adolescente a donné l’alerte lundi. En ne voyant pas sa fille revenir de son jogging, il est parti à sa recherche sur les sentiers aux abords de la forêt communale de Belle-branche où il y a découvert ses écouteurs tachés de sang, le poussant à prévenir les gendarmes. Une enquête pour «enlèvement» et «séquestration» est aussitôt ouverte, mobilisant d’importants moyens: des gendarmes mobiles, une équipe cynophile, un chien Saint-Hubert, un hélicoptère, des plongeurs… Alors que la Mayenne est plongée dans l’angoisse d’un possible prédateur sexuel, la jeune fille réapparaît miraculeusement à l’entrée d’un kebab dans la soirée de mardi.

Très vite, l’immense soulagement laisse place à l’incompréhension. Selon ses premières déclarations, la lycéenne aurait été kidnappée par deux individus à bord d’une camionnette verte, puis séquestrée dans une maison, où elle dit avoir reçu des coups de poing. Toujours au conditionnel, Lisa aurait ensuite réussi à s’échapper de façon inexpliquée. Très choquée, elle s’est présentée avec des «égratignures», des blessures qui ne correspondent pas aux violences présumées et n’était pas en mesure de décrire ses agresseurs.

Depuis mercredi soir, la traque d’éventuels kidnappeurs a été levée, avec le désengagement des 200 de militaires mobilisés dans le secteur entre son domicile au hameau de Saint-Brice et Sablé-sur-Sarthe, à une dizaine de kilomètres. La section de recherches d’Angers et la brigade de recherches de Château-Gontier ont été chargées de poursuivre les investigations, notamment par l’analyse de la vidéosurveillance. Mais là aussi, les enquêteurs se sont heurtés à une impasse: aucune camionnette n’est apparue sur les enregistrements permettant de corroborer le récit de Lisa.

D’après le communiqué de la procureure, la jeune fille est actuellement prise en charge par ses parents, «qui ont été informés de ses déclarations». Par ailleurs, le parquet souligne que la jeune fille fera l’objet d’une procédure pour «dénonciation d’infraction imaginaire». «L’enquête nécessitera de réunir les éléments relatifs à sa personnalité, susceptibles d’éclairer les raisons de son comportement pour l’heure inexpliqué», précise le communiqué.

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