entre enthousiasme et déception, des militants se sont réunis pour suivre leurs candidats

En région parisienne, plusieurs équipes avaient organisé des rassemblements lundi soir.

Une crêpe dans l’assiette, un verre à la main, les militants sont concentrés. Ils savent ce lundi important et ont d’ailleurs réservé leur soirée pour l’occasion. Alors que le premier débat des militants en lice pour le congrès des Républicains est diffusé sur LCI, en partenariat avec Le Figaro , des dizaines de soutiens de Philippe Juvin se sont ainsi donné rendez-vous dans une crêperie de sa ville, La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine). «Il est brillant, il est proche des gens et il tient ses promesses», assure avec entrain Céline, Garennoise de 40 ans et soutien du médecin depuis 2001.

Cocktails et verres de vin d’un côté, boisson chaude et menthe à l’eau de l’autre, l’âge moyen est plutôt élevé. Et malgré leur enthousiasme, tous partagent la même lucidité : «Philippe Juvin vise le poste de ministre de la Santé», croit savoir Christophe, 63 ans, qui reconnaît aux cinq candidats d’être «tous bons» et de mériter une «place dans un gouvernement». «C’est un outsider», juge de son côté Catherine, 55 ans, pas encore sûre de «ce qu’il peut se passer» mais persuadée que l’édile «va apporter des thèmes importants dans le débat».

«Il fait un sans-faute»

L’engouement est aussi discret mais bien présent dans un bar du 17e arrondissement de Paris, où une petite centaine de soutiens de Xavier Bertrand regarde assidûment les quatre écrans géants diffusant le débat. Parmi eux, beaucoup de jeunes, captivés par la prestation de leur leader, voient en lui «le mieux placé pour gagner». «C’est un des seuls à ne pas être sorti d’une grande école comme l’ENA», estime Achille, étudiant de 20 ans.

À chaque sortie du candidat, la salle se veut réceptive : applaudissements lorsque Xavier Bertrand explique vouloir «mettre fin au laxisme migratoire», rires quand celui-ci affirme que le gouvernement d’Emmanuel Macron a prouvé pendant cinq ans son amateurisme… «Il connaît vraiment la France», affirme avec satisfaction Marina, 30 ans, adhérente depuis peu aux Républicains. «C’est aussi un assureur, un père de famille, un maire, c’est admirable. Il connaît le quotidien des Français», précise-t-elle. «Il fait un sans-faute», glisse un soutien parlementaire à sa voisine.

Même emballement du côté de Valérie Pécresse, où des élus franciliens et de jeunes soutiens se sont réunis dans un bar du 15e arrondissement de Paris. Dès le début de la soirée, Serge, 28 ans, assure attendre de sa candidate qu’elle «puisse enfin se démarquer des autres candidats» et «montrer sa vraie personnalité». Après trois heures d’échanges, le bilan semble bon : «Valérie Pécresse est très largement au-dessus de la mêlée, elle s’impose et se démarque par de fortes propositions et une connaissance des dossiers», juge-t-il. «Elle imprime une nouvelle marque, ce débat montre sa fermeté et sa ténacité. C’est impressionnant comme elle parvient à s’imposer au milieu de ces personnalités», complète Valentin, 21 ans.

À quelques mètres de là, l’ambiance se veut toutefois radicalement différente. Pour les soutiens de Michel Barnier et Éric Ciotti, le choix a été celui de ne pas organiser d’événement public. À la place, quelque 100 jeunes LR, soucieux de ne pas reproduire la logique des écuries qui avait pu diviser leur famille politique en 2016, se sont retrouvés dans un «espace neutre» dans les murs du siège des Républicains, fermé aux journalistes.

Tous ont ainsi écouté religieusement les échanges de leurs prétendants, sans exprimer leurs préférences. «J’attendais de ce débat que les candidats puissent présenter leurs idées et leurs différends sans qu’il y ait des attaques ad hominem, et pour l’instant on a bien l’impression de cette forme d’unité», rapporte ainsi un militant. «Ils n’osent même plus dire qui ils soutiennent», soupire toutefois un autre.

En fin de soirée, certains n’ont d’ailleurs pas caché leur déception. Bien que chacun tente de voir une victoire de son favori, le débat ne semble pas avoir provoqué une quelconque euphorie. Et susciter l’intérêt des Français – et des militants – durant les trois prochains rendez-vous prévus en novembre pourrait bien devenir un véritable défi.

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