EDF va cesser de couper l’électricité à ses clients particuliers en cas d’impayés

A la place, le premier fournisseur d’électricité appliquera désormais une réduction de puissance.

EDF a annoncé vendredi 12 novembre qu’il allait cesser de demander la coupure de l’électricité pour ses clients particuliers en situation d’impayés, et ce toute l’année et non plus seulement durant la trêve hivernale, qui court du 1er novembre au 31 mars. Cette mesure était demandée depuis longtemps par la Fondation Abbé Pierre.

À la place, le groupe demandera, à partir du 1er avril 2022, une limitation de puissance à 1 kVA, permettant d’avoir accès à des usages essentiels tels que le fonctionnement du réfrigérateur ou la recharge d’appareils électriques, a-t-il précisé dans un communiqué. «Cette mesure (…) s’appliquera dans tous les cas, sauf s’il existe une impossibilité physique ou technique de limiter la puissance de l’alimentation électrique du logement», a-t-il ajouté.

Dans son communiqué, EDF souligne qu’il privilégie déjà, depuis quelques années, la limitation de puissance à la demande de coupure d’électricité. Selon le groupe, ce choix a permis de réduire d’un tiers le nombre de coupures en cinq ans.

20% des Français ont souffert du froid dans leur logement

Chaque année, entre 200.000 et 300.000 foyers ont leur alimentation en électricité coupée en raison d’un impayé. Selon le baromètre annuel du médiateur publié en octobre 2021, 20% des Français déclaraient avoir souffert du froid dans leur logement au cours de l’hiver dernier, dont 36% pour des raisons financières.

Auditionné, mercredi dernier, par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, le médiateur national de l’énergie Olivier Challan Belval avait déclaré être favorable à la mise en place d’un « droit à une alimentation minimale en électricité » pour les foyers les plus précaires. En France, l’article L.121-1 du code de l’énergie définit l’électricité comme un « produit de première nécessité », ce qu’a rappelé le médiateur en déclarant que «sans électricité, pas de lumière, pas de chauffage, pas d’accès à internet ni au téléphone».

Les mesures prises par le gouvernement pour prévenir une précarisation énergétique des ménages – le versement d’un chèque énergie supplémentaire de 100 euros et le blocage des tarifs réglementés du gaz et d’électricité début 2022 – sont des «solutions d’urgence et de court terme, mais qui ne règlent pas la question de l’accès minimal à l’électricité» a justifié le médiateur.

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