pour Thierry Breton, «la bonne foi n’est pas du côté britannique»

Comme Julien Denormandie, ce vendredi matin, le commissaire européen a mis la pression sur Londres alors que la tension est montée d’un cran des deux côtés de la Manche.

«Il faut être ferme !» Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, n’est pas allé par quatre chemins, ce matin au micro de France 2, pour expliquer la ligne de gouvernement face au Royaume-Uni. Quelques minutes plus tard Thierry Breton, commissaire Européen au Marché Intérieur, est allé encore plus loin pointant que: «les torts n’étaient pas également partagés», avant d’ajouter que : «la bonne foi n’est pas du côté britannique».

Pour les deux hommes, il ne fait aucun doute que Londres refuse d’appliquer les règles décidées avec l’Union européenne : «après neuf mois de discussion, les Britanniques n’honorent pas leurs engagements», s’est emporté Julien Denormandie. Il prévient que Paris ne lâchera pas : «le France défend ses pécheurs», a-t-il martelé. De son côté Thierry Breton a assuré que «le soutien (de l’Europe) est là».

À VOIR AUSSI – Brexit: «La France défend ses pêcheurs», martèle Julien Denormandie

Hausse des tensions

En jeu, la délivrance de licences aux bateaux français, qui les autorise à aller pêcher au large des côtes anglaises et des îles de Jersey et Guernesey. La moitié des pécheurs qui en ont fait la demande ne l’auraient pas reçu à l’heure actuelle. De son côté le gouvernement britannique se défend. Il explique avoir répondu favorablement à 98% des demandes. Un argument balayé par le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation: «98% à l’échelle européenne», pointe-t-il. Or selon lui, le France est «le principal pays concerné» par les refus.

Ces déclarations prennent place dans un climat de plus en plus tendu entre les deux côtés de la Manche. La pression est encore montée d’un cran, mercredi 27 octobre, lorsque la gendarmerie maritime française a verbalisé deux navires de pêche anglais en baie de Seine. L’un d’eux a même été dérouté vers le port du Havre. Dans la foulée Paris a annoncé des mesures de rétorsion face à l’absence d’avancées sur les licences. Parmi elles : l’interdiction de débarquement de produits de la mer britanniques dans tous les ports français, un renforcement des contrôles douaniers… Des mesures jugées «décevantes et disproportionnées» selon le gouvernement britannique, qui a décidé de convoquer l’ambassadrice de France au Royaume-Uni.

À VOIR AUSSI – Brexit: «On est vraiment inquiets», les pêcheurs regrettent l’immobilisme de Londres

Derniers messages