Pour bâtir son métaverse, Facebook va créer 10.000 emplois en Europe

Le réseau social annonce un plan d’embauche étalé sur cinq ans pour son prochain grand projet technologique.

Mark Zuckerberg l’avait annoncé en grande pompe cet été : le nouvel objectif de Facebook est de bâtir la future plateforme de connexion à Internet, le métaverse. Ce terme venu de la science-fiction désigne un monde virtuel parallèle au monde réel, accessible via des lunettes de réalité virtuelle ou augmentée, où l’internaute peut vivre une autre vie, gagner de l’argent, communiquer et travailler autrement…

Pour l’aider à bâtir cet ambitieux projet, Facebook annonce ce lundi qu’il souhaite recruter 10.000 profils hautement qualifiés à travers l’Union européenne dans les cinq ans à venir. «Alors que nous commençons à donner vie au métaverse, le besoin d’ingénieurs hautement spécialisés est l’une des priorités les plus urgentes de Facebook», écrit Nick Clegg, directeur des affaires publiques du groupe américain, dans un communiqué. «Cet investissement est un signe de confiance dans la force de l’industrie technologique européenne et dans le potentiel des talents technologiques européens.»

Facebook flatte l’écosystème européen

Facebook a ouvert en 2015 à Paris un laboratoire de recherche en intelligence artificielle, le Fair (Facebook AI Research), qui accueille 60 chercheurs et ingénieurs, dont certains en provenance de l’INRIA. Ces derniers travaillent sur différents projets autour du traitement automatique du langage, de la reconnaissance d’images ou des infrastructures logiques et physiques des systèmes avancés d’IA.

Dans son communiqué, Facebook valorise l’écosystème tech européen, «qu’il s’agisse de la biotechnologie allemande aidant à développer le tout premier vaccin à ARNm ou de la coalition de néo-banques européennes ouvrant la voie à l’avenir de la finance (…) , tandis que la Suède est en passe de devenir la première société sans numéraire au monde d’ici 2023.» «Nous espérons investir davantage dans les talents européens et continuer à innover en Europe, pour l’Europe et le monde», conclut-il.

Ces annonces interviennent alors que les autorités européennes travaillent sur plusieurs textes qui vont toucher les activités de Facebook. Avec le Digital Services Act et le Digital Markets Act, Bruxelles souhaite imposer de nouvelles obligations de transparence aux géants de la tech, mais aussi modifier les règles du droit de la concurrence afin de mieux les réguler.

Le groupe américain est également éclaboussé par les révélations de la lanceuse d’alerte Frances Haugen. Elle a déjà échangé avec le commissaire européen Thierry Breton, et sera reçue début novembre au Parlement européen. Une autre lanceuse d’alerte, Sophie Zhang, témoigne lundi devant le Parlement britannique.

Déjà 10.000 salariés dédiés aux Etats-Unis

Aux États-Unis, Facebook a monté une division dédiée à son projet de métaverse, qui regroupe ses effectifs travaillant sur les casques de réalité virtuelle (Oculus), sur un projet de lunettes de réalité augmentée, mais aussi sur l’élaboration d’une interface cerveau-machine permettant de naviguer sur Internet via des gestes. Facebook souhaite également concevoir son propre système d’exploitation pour ces futurs appareils. Ces activités représentent 20% des offres d’emploi de Facebook outre-Atlantique.

Cette division métaverse, qui abrite 10.000 salariés, est dirigée par Andrew Bosworth, un fidèle parmi les fidèles de Mark Zuckerberg. Ce dernier sera promu en 2022 directeur de la technologie du groupe, en remplacement de Mike Schroepfer qui a annoncé son départ.

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