des policiers ouvrent le feu sur un véhicule qui leur avait foncé dessus

Une enquête a été ouverte pour «tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique» et confiée à la direction territoriale de la police judiciaire de Nancy.

Mardi 5 octobre, vers 18h15 au niveau de la rue André Vitu, à Épinal (Vosges), deux équipages de la Brigade anticriminalité (BAC) en civil décident de procéder au contrôle d’un véhicule à bord duquel se trouvent deux individus, bien connus des services de police.

«Les agents sont passés au contrôle en braquant immédiatement le conducteur et le passager avec leurs armes de service, dans la mesure où les deux hommes sont des délinquants connus et suivis», raconte au Figaro Antoine Bonillo, le directeur de la Sûreté départementale d’Épinal (DDSP). Loin d’obtempérer, le conducteur du véhicule, une Renault Clio, tente par tous les moyens d’échapper à l’étreinte policière. «Lors de cette manœuvre ultra-dangereuse, il a délibérément percuté un des policiers en lui écrasant la jambe, ce qui ne l’a pas empêché de continuer à rouler et à accélérer tandis que la jambe du policier était toujours sous les roues», poursuit le directeur de la DDSP.

Le chauffard finit par se dégager et s’engouffre sur un petit parking dans l’espoir de faire demi-tour et de prendre la fuite. Mais les policiers l’encerclent et le mettent en joue. N’en faisant qu’à sa tête, ce dernier tente le tout pour le tout et fonce sur les fonctionnaires de police qui n’ont d’autre choix que d’ouvrir le feu. Cinq balles sont tirées. La plupart viennent se ficher dans le bas du véhicule, dans les pneus notamment, mais l’une d’entre elles atteint le parebrise de la Clio, au niveau de la tête du conducteur, sans le traverser. «Si la balle était passée à travers, l’individu l’aurait reçu en pleine tête», glisse Antoine Bonillo.

Pas une affaire de terrorisme

Et pourtant, loin de s’immobiliser, le véhicule fou repart. «Entre-temps un véhicule de la BAC avait pu se positionner derrière le suspect et l’a donc percuté de biais une première fois pour le mettre en travers de la route et une seconde fois, de plein fouet, où il a pu le pousser sur une trentaine mètres environ jusqu’à ce qu’il se retrouve pris en étau entre la voiture de police et un îlot central de la chaussée», détaille le commissaire Bonillo.

La course-poursuite s’achève enfin. Comprenant que la partie est finie, les deux suspects se rendent sans résistance. Âgés d’une vingtaine d’années chacun et ne résidant pas dans le département, ils ont été placés en garde à vue au commissariat d’Épinal. La Clio accidentée a aussi été transportée au commissariat où des techniciens de la police scientifique ont procédé aux premiers relevés.

Une enquête pour «tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique» a été ouverte par le parquet d’Épinal et confiée à la direction territoriale de la police judiciaire de Nancy (DTPJ). Et le commissaire Bonillo de préciser qu’«il ne s’agit pas du tout d’une affaire de terrorisme». Les investigations se poursuivent.

S’agissant du policier fauché, il s’est vu prescrire un arrêt de travail de trois semaines. Il souffre de blessures au niveau du mollet et du tibia.

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