«Bernard Tapie, la fureur de vivre»

L’éditorial du Figaro, par Yves Thréard.

Bernard Tapie est parti. Finalement, serait-on tenté d’ajouter. Il nous avait presque convaincus qu’il pouvait aussi décider de ne pas mourir! Le propos est sans doute saugrenu, mais correspond à l’idée qu’il avait de l’existence. Même face au cancer, disait-il, rien n’est jamais déterminé à l’avance. Quand on veut, on peut, et on gagne. Alors pourquoi pas contre la mort? Ainsi était cet homme, sans limites, toujours prêt à défier l’impossible, persuadé que la vie était un combat. Il lui fallait démontrer, d’abord à lui-même, qu’il était le meilleur, le plus fort, le plus rusé. En toutes circonstances, seule la victoire comptait.

Cette rage de vaincre, obsessionnelle, lui tenait lieu de philosophie. Elle lui a d’abord attiré nombre d’ennuis et de critiques, avant de susciter, ces dernières années, dans la douleur, beaucoup d’admiration et de respect. Même chez ses pires ennemis. Cet ultime retournement de situation lui arrachait des larmes. Soudain, le prédateur était devenu victime ; le

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