un débat télévisé sous tension entre Yannick Jadot et Sandrine Rousseau

En phase sur de nombreuses thématiques, les deux finalistes de la primaire des écologistes se sont écharpés sur leurs rares divergences.

Longtemps prônée par les écologistes, la campagne «bisounours» où les attaques étaient bannies semble bien résolue. Diffusé mercredi soir sur LCI – en partenariat avec Le Figaro -, le débat télévisé a enflammé la campagne d’entre-deux-tours de la primaire des écologistes qui oppose Yannick Jadot à Sandrine Rousseau. Bien qu’en phase sur de nombreux sujets (sortie du nucléaire, fin de l’élevage intensif, fin des pesticides, nouveaux droits pour les animaux…), les deux finalistes se sont écharpés sur leurs quelques subtilités mercredi soir, développant une approche du pouvoir différente.

«Si gouverner, c’est renoncer, il faut arrêter de faire de la politique»

L’ex-porte-parole d’EELV a principalement voulu souligner que l’eurodéputé n’était pas assez «radical». «J’ai lu ton programme. Je vois à quel point il n’y a pas de transformation suffisante pour permettre d’atteindre les objectifs du Giec», l’a-t-elle interpellé. «L’écologie de gouvernement que tu proposes est une écologie qui ne va pas au bout du chemin», a-t-elle jugé. La réponse du concerné ne s’est pas fait attendre: «Si gouverner, c’est renoncer, il faut arrêter de faire de la politique. Il faut s’engager dans les mouvements sociaux». «L’écologie n’a pas gouverné ces 20 dernières années. L’écologie qui gouverne, c’est l’écologie de nos maires», a insisté l’eurodéputé.

Les deux candidats se sont notamment divisés sur la place de la voiture. «Je ne suis pas pour la suppression. Là où ma maman habite dans l’Aisne, il faut une voiture», a défendu Yannick Jadot, proposant de développer avant tout l’offre des transports dans les territoires les plus reculés. Sandrine Rousseau a, elle, défendu l’idée de «démobilité», qui consiste à «ne pas multiplier les déplacements» qu’on peut regrouper. En attendant ce changement des habitudes, la «féministe» propose de massifier le recours aux «voitures légères». «Si une personne touche 885 euros, et qu’à chaque fois faire un plein, c’est 100 euros, ça ne va pas le faire», a raillé Yannick Jadot.

Bisbilles et promesses

Sandrine Rousseau a également interpellé son adversaire sur sa participation au rassemblement controversé des policiers en avril dernier. «Les politiques n’ont jamais à être à l’arrière des manifestations de la police», a-t-elle jugé. L’eurodéputé a répondu en assurant que des policiers lui avaient demandé d’être présent pour ne pas «les laisser seuls avec l’extrême droite». «Ce n’était pas confortable, mais gouverner, ce n’est pas confortable. J’ai considéré que mon rôle politique, c’était d’être à côté de ces policiers exemplaires», a-t-il justifié. Réplique de Sandrine Rousseau: «Moi, mon rôle politique, c’est de les recevoir, en dehors de la manifestation» Yannick Jadot: «Tu les as reçus?», «Oui, oui je les ai contactés», «D’accord». Sur le plateau, un ange passe.

Quant à la suite de la campagne, les deux candidats ont promis, une nouvelle fois, de soutenir le vainqueur, et même de faire campagne l’un pour l’autre. Contrairement à 2017, Yannick Jadot a assuré qu’il ne se rangerait pas, cette fois, derrière une candidature socialiste. «La force propulsive avec les valeurs de la gauche, c’est l’écologie qui la porte», a-t-il martelé. De son côté, Sandrine Rousseau a, elle, appelé les autres forces de gauche à rejoindre sa future candidature à la présidentielle, reprenant l’idée d’un «arc humaniste», défendu lors du premier tour par Éric Piolle, le maire de Grenoble (quatrième, avec 22,29% des voix). Le second tour aura lieu de samedi à mardi, avec des résultats connus mardi, en fin d’après-midi.

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