plusieurs dizaines de milliers de manifestants anti-passe sanitaire dans les rues ce samedi

Entre 80.000 et 120.000 manifestants étaient attendus par les autorités dans toute la France, dont 17.000 à Paris.

«Les Gaulois réfractaires vont résister», ont de nouveau promis samedi des manifestants anti-passe sanitaire en France, où 180 rassemblements étaient prévus, pour le dixième week-end consécutif.

«Je ne me suis pas fait vacciner, même pas en rêve, et j’ai démissionné» de la Fonction publique, a déclaré à l’AFP une aide-soignante d’Ile-de-France, repérable à sa blouse blanche, dans une manifestation à l’appel des «gilets jaunes» dans l’après-midi à Paris. «Le vaccin, on n’est pas sûrs de ce qu’il y a dedans, on n’est pas des cobayes», lançait cette femme de 37 ans, «en colère et triste», ne livrant que son prénom, Hager.

Le ministre de la Santé Olivier Véran avait annoncé jeudi que «quelque 3000 suspensions» avaient été signifiées à des personnels de santé non vaccinés contre le Covid-19, après l’entrée en vigueur mercredi de l’obligation vaccinale les concernant. Telle Armelle, éducatrice spécialisée en pédopsychiatrie dans le Val-d’Oise, «suspendue depuis le 16 septembre». «Je prends soin de ma santé comme je l’entends, par respect pour moi-même, je ne renoncerai pas à mon droit à choisir», argumentait cette manifestante parisienne.

Sur près de 58 millions de Français de plus de 12 ans éligibles au vaccin, plus de 86% ont cependant déjà reçu au moins une injection. Les nouvelles manifestations interviennent au moment où le cap symbolique des 50 millions de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19 a été atteint. Emmanuel Macron l’avait lui-même annoncé vendredi dans une vidéo sur les réseaux sociaux, en disant: «Le vaccin sauve des vies, le virus tue, c’est simple», le nombre total de décès en France depuis le début de l’épidémie s’élevant à 115.960.

«Avé Jupiter, les Gaulois réfractaires vont résister», lui répondaient samedi certains manifestants, cette réplique étant inscrite sur leur «gilet jaune», dans un des trois cortèges parisiens. «Bienvenue au Kontrolistan. Gloire à Macronescu notre guide», «Libérons la France», clamaient aussi des pancartes, Place du Trocadero à Paris, où le rassemblement des Patriotes, à l’appel de Florian Philippot (extrême droite) réunissait à partir de 14h00 plusieurs centaines de personnes.

«Stop, l’obligation vaccinale!»

Dans un troisième petit rassemblement parisien, Anne, professeure agrégée de lettres récemment retraitée, rejetait le passe comme «une façon perverse d’imposer l’obligation vaccinale». «Je suis hallucinée de voir qu’on peut plus débattre. J’avais l’intention de me faire vacciner en mai et la propagande vaccinale m’en a dissuadée», a assuré à l’AFP cette femme de 67 ans.

À Lyon, une première manifestation a rassemblé dès 14h environ un millier de personnes, selon la préfecture. Sur certaines pancartes, on lisait «vaccinés contre les mensonges» ou «Stop, l’obligation vaccinale!». Les manifestants étaient 2100 manifestants à Lille, selon la préfecture, soit 100 de plus que le samedi précédent. Selon une source policière, 17.000 manifestants étaient attendus samedi à Paris et 80.000 à 120.000 dans le reste du pays. Samedi dernier, les autorités avaient compté 121.000 manifestants sur l’ensemble du territoire, loin des 237.000 participants du 7 août.

Dans le même temps, l’épidémie de Covid-19 se calme en France, selon les autorités, et Emmanuel Macron s’était dit prêt jeudi à «lever certaines contraintes» dans «les territoires où le virus circule moins vite» sans toutefois donner d’échéancier précis. Le passe sanitaire est devenu obligatoire le 21 juillet dans les lieux accueillant plus de 50 personnes. Il a ensuite été étendu aux hôpitaux sauf urgences ou encore aux bars et restaurants, et le 30 août au 1,8 million de salariés au contact du public. Le 30 septembre, il devrait être appliqué aux 12-17 ans.

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